Madiran – Cuvée Deodatus 2016 du Domaine JG Boyrie-Pierson

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Crédit Photo Jean-Luc Boyrie

Le Domaine
Surface totale de 5,5 hectares dont 4 en exploitation, créé en 2016 à partir de parcelles de vieilles vignes presque abandonnées. entre 30 et 80 ans. Une parcelle d’un hectare d’un seul tenant de très vieilles vignes a 80 ans, elle était utilisée jadis par le frère de Jean Gabriel Boyrie pour faire une cuvée vieilles vignes. Aujourd’hui le vignoble ayant changé de mains pour redevenir propriété de la famille Boyrie-Pierson, il a perdu quelques hectares et Jean Gabriel a choisi, pour le moment, d’intégrer les raisins de ces vieilles vignes à sa cuvée unique DEODATUS et ce n’est pas nous qui allons nous en plaindre…

Le vignoble et son chai sont situés à en haut de collines exposées plein sud. Les sols d’argiles et de gravettes (agglomérats de fer et manganèse entre 50 cm et 1 m) sont pentus et « ressuient » bien nous dit Jean Gabriel. En profondeur on trouve le calcaire. E

Viticulture
En culture raisonnée, visant de petits rendements avec une récolte au moment optimal afin d’obtenir des vins concentrés et respectueux du terroir.  Les cuvaisons sont longues, les élevages se font sur lies en barriques.

L’encépagement de ce 2016 est 90/95% Tannat – et Cabernet Sauvignon pour le reste.

La plus jeune vigne a été plantée en 1985 ! par Jean Gabriel, son frère Jean-Luc était alors à la tête du domaine.

Vendanges et Vinifications

Le domaine est équipé d’un petit pressoir vertical de 5 hl, comme les meilleurs pressoirs de Champagne, de petites cuves en fibre de verre ouvertes de 50 hectolitres et de quelques cuves béton à revêtement époxy fermées, légèrement ovoïdes mais rectangulaires, constituent la « vaisselle vinaire ».

Après récolte des raisins à pleine maturité dans le courant de la première quinzaine d’octobre, le marc a été vinifié dans les petites cuves de fibre de verre permettant le piégeage (3 semaines  à un mois) , a suivi une longue macération de 45 jours, au terme desquels a été réalisé l’assemblage avec les vins de presse.

Un élevage sur lies en barriques de 18 mois a suivi, d’où une rondeur et une concentration qui font de cette cuvée un vin de longue garde mais déjà accessible.

Production

4800 de ce flacon de Madiran Vieilles Vignes en 2016 ont été produites. Le rendement moyen des vins est de 16,5 hl/ha pour cette première année 2016.
Outre ces quelques milliers de bouteilles de Madiran, un peu moins de 5000 bouteilles de Pacherenc du Vic Bilh moëlleux sont produites sur le domaine.

Cette cuvée a remporté une médaille d’Or au Salon des vignerons indépendants de 2018 et le rapport qualité prix de ce vin est exceptionnel. Vous pourrez l’acheter en vous rendant au salon des vignerons indépendants.

A la dégustation

Sa robe encre de chine, typique du Tannat (le cépage le plus tannique) annonce d’emblée un vin de caractère. Le nez de fruits noirs associant mûre, cassis et cerise noire très mûre, exhale également des touches de ronces sauvages et d’iode qui allègent ces notes gourmandes, puis viennent les épices et notamment – peut-être subliminal car on est presque dans la région – le piment d’Espelette. C’est un vin qui dés sa mise en bouche, impressionne par sa puissance mais sans agressivité avec rondeur, gourmandise et sa complexité, sa profondeur s’expriment en finale très longue et délicate sur des touches de réglisse.


Associations Mets et Vins
Cette bouteille épousera évidemment et merveilleusement un gibier à plumes comme une pintade aux pruneaux ou aux giroles, un fromage de brebis d’Osso Iraty ou de Laurens. Je l’ai particulièrement apprécié sur une terrine de sanglier et un gigot de Sept heures !

Cépage : Cabernet Franc – Breton

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45 000 ha de cabernet franc sont cultivés dans le monde, plaçant ce cépage au 17ème rang des raisins utilisés pour élaborer des vins, derrière nombre de cépages inconnus sous nos latitudes. Autant dire que ce n’est pas un cépage très présent à l’étranger.
Il n’est, d’ailleurs chez nous, que le dixième cépage planté, loin derrière le merlot, le chardonnay, l´ugni blanc, la grenache…

La France en possède quand même la plus grande superficie avec 35 000 ha environ, essentiellement concentrés dans le Bordelais (Rive droite autour de St Emilion) et en Vallée de Loire occidentale (Touraine, Saumurois, Anjou).

Origine 

Le cabernet franc appartient à la famille des carmenets. Il est issu du Carmenère, un cépage qui avait totalement disparu après les ravages du Phylloxera et dont on a miraculeusement retrouvé un plan au Chili avant de le redévelopper et de le réimplanter récemment dans le Bordelais. C’est un cépage qui est résolument planté dans les vignobles océaniques Bordelais et Loire.

Son berceau d’implantation dans la région ligérienne est Saint Nicolas de Bourgueil :

– On raconte qu’un certain Abbé BRETON, administrateur des terres du Cardinal de Richelieu à St Nicolas de Bourgueil, l’aurait introduit sur ces terres depuis l’Abbaye de Fontevrault. Mais Rabelais parlait déjà du Breton un siècle avant Richelieu …


– On raconte également une autre histoire pour justifier du nom Breton, celle du lieu d’approvisionnement des vignerons, dans un port breton ! 

– Mais toujours dans l’idée de faire remonter le nom au lieu d’approvisionnement, certains historiens pensent également au Cap Breton (Pays Basque) : Le Cabernet Franc vient, selon les recherches ampélographiques de ces dernières années, du pays basque espagnol. Il aurait notamment été introduit dans l’hexagone par des pèlerins de St Jacques de Compostelle à leur retour en France.

Implantation en France

Il figure parmi les principaux plantés dans le bordelais et surtout dans le libournais où il est parfois dominant comme au fameux Château Cheval Blanc, dont il est issu à 60%.

En dehors de cette notable exception, le cabernet franc donne ses meilleurs vins dans le vignoble septentrional voisin, la Vallée de la Loire, où il s’appelle le Breton.  Il est notamment présent en Touraine, dans les appellations, Chinon, Bourgueil et en Anjou où il donne d’excellents résultats dans la région du Layon notamment sur des terroirs de schiste (voir mon post sur les Tailles du 12 Octobre 2021).

Et dans le monde

Surtout présent en Italie, on le cultive en Lombardie, dans le Latium, la région du Frioul-Vénétie julienne, dans le Trention-Haute Adige et en Vénétie mais également en Sicile.

Il est également présent en Europe de l´Est, notamment en Hongrie (Villany), au Chili et en Californie.

Dégustation

ll se distingue par une robe grenat intense mais moins dense et sombre que celle du Cabernet Sauvignon. Les arômes exhalés sont ceux des fruits rouges,  de poivron vert, surtout si la vendange manque un peu de maturité, voire d’épices.

Sa structure en bouche est à la fois charpentée et souple, sèveuse et gourmande, surtout après quelques années de vieillissement. Les vins issus du cabernet franc ont d’ailleurs une relative aptitude au vieillissement, certains chinons ont plus de 30 ans sont des merveilles !

Synonymes : achéria, bidure, bouchet, bouchy, breton, cabernet blanc, carmenet. Fer servadou. Plus d’une vingtaine d’autres noms lui sont attribués.

Associations Mets et Vins

Quand il est jeune il s’associe parfaitement aux fromages de chèvre frais et légèrement affinés, aux rillons et rillettes de Loire. Plus âgé, il est un remarquable compagnon des daubes, des gibiers à plume notamment des pintades à la forestière (champignons, pommes de terre) et sur certains Chinon ou St Nicolas de Bourgueil de grands millésime à leur apogée on peut y associer un cuisseau de chevreuil ou du sanglier, des plats en sauces riches.

Meursault Gruyaches de Fabien Coche sur dos de cabillaud en croûte d’amandes sur fonds d’artichauts poëlés

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Photo de sa recette prise par Sophie Gozlan
(autorisation de reproduction)

Vous en trouverez la recette sur le site Cotesoleils.fr en cliquant ici. Ce site créé par mon amie Sophie Gozlan, une passionnée de cuisine, de saveurs d’ailleurs et surtout du Sud, et qui, à côté de son travail, a eu la créativité, le courage, la persévérance et le talent de publier pendant plus de 12 ans 3 recettes par semaine sur son blog, lequel contient aujourd’hui plus de 1500 recettes réalisées, photos et conseils à l’appui, par notre « cheffe » qui, après avoir été la vedette d’un Dîner Presque Parfait sur M6 est aujourd’hui souvent sollicitée par des associations telle l’ américaine Fullbright pour son dîner traditionnel de Thanksgiving, ou par des entreprises, des particuliers désirant fêter un heureux événement, un anniversaire. Je vous invite à visiter son blog, vous en tirerez plus de mille idées de recettes de soleil, pour toutes les saisons, toutes les humeurs et tous les moments de la vie.


Quant à Fabien Coche il est le digne héritier de son père Alain (membre de la famille Coche Dury), qui pendant plus de 30 ans a porté au plus haut niveau les vins du domaine Coche Bizouard, installé à Meursault et qui possède également des vignes sur Monthélie, Auxey-Duresses, Monthélie, Pommard, Puligny-Montrachet, Saint-Romain, Saint-Aubin. Fabien a passé le cap et oeuvre en bio depuis 2020. Grâce à un travail très consciencieux dans les vignes et à des élevages soignés, ses vins reflètent parfaitement l’expression des terroirs dont il sont issus. Ce sont des vins francs, directs, équilibrés, puissants mais élégants, gras mais minéraux, floraux ou fruités, gourmands et fins.

Ce Meursault Gruyaches, petite parcelle située à l’extrême ouest du village de Meursault sous les célèbres Premiers Crus « Les Charmes », je l’ai choisi pour sa double générosité et son côté miellé, avec une touche marquée de minéralité en finale, signature des Gruyaches par rapport au grand frère voisin. Il épouse à merveille la chair du Cabillaud et fait une alliance inattendue sur les fonds d’artichaut dont je redoutais le côté sucré mais qui, en fait, épousent le côté gourmand et gras du vin.

Une bouteille que vous pourrez retrouver chez le vigneron ou en vous rendant sur son site https://fabiencoche.com s’il lui en reste, c’est pourquoi je ne donne pas le millésime (mais rassurez-vous je travaille avec la maison depuis plus de 10 ans et n’ai jamais été déçu par aucun millésime !

Les vins grecs

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Comptant parmi les plus anciens pays producteurs de vin de notre planète, la Grèce cultive la vigne depuis plus de 6000 ans.Elle compte aujourd’hui pas moins de 300 cépages autochtones ! Ce vignoble connaît depuis une quinzaine d’années, une véritable transformation pour atteindre des niveaux de qualité parfois exceptionnels, surtout en vins blancs.

Son vignoble représente 120 000 hectares  et une production de 2,2 millions d’hectolitres de vin. A titre indication le vignoble de France couvre 750 000 hectares pour une production de 46 millions d’hectolitres de vin.

Les grandes régions viticoles

Les plus grands changements dans la viticulture grecque sont assez récents puisqu’ils sont venus avec l’entrée du pays dans l’Union Européenne. Cette étape a permis la modernisation de la viticulture grecque sans renier les traditions du passé.

Aujourd’hui environ 120.000 ha de vignes sont exploités dans le pays contre plus de 250.000 Ha dans les années 60. Cependant, la modernisation du vignoble a entrainé un augmentation de la production et une meilleure maitrise de la qualité.

La Grèce en tant que pays de l’Union Européen utilise un système d’appellation similaire à la France et aux autres pays producteur européens.

Vins AOP

  • OPE (Oenoi Onomasias Proelefseos Elenhomenil). Cette catégorie comprend huit régions. Mise en place dans les années 1970, les grands vin grecs de l’époque étaient les liquoreux issus du cépage blanc Muscat et du cépage rouge Mavrodaphné. C’est pour cette raison historique que ces dernières appartiennent à une catégorie supérieure.
  • OPAP (Onomasia Proelefsis Anoteras Poiotitos). Il en existe 25 dans le pays. Ces appellations correspondent à la définition des AOPs en France

Vins IGP

  • TO (Topikos Oinos). Cette catégorie répertorie les Indications Géographiques Protégées/ Vins de Pays au sens où nous l’entendons en France
  • OKP (Oenoi Onomastias Kata Paradosil). Cette catégorie n’inclus pas de dimension géographique (les vins peuvent être produit dans toute la Grèce) mais protège un processus d’élaboration. L’exemple le plus important étant la fameuse Retsina grecque.

Un salon de vins grecs bio et biodynamiques est organisé tous les deux ans par un importateur parisien, grec lui-même et qui connaît son sujet sur le bout des doigts. Il nous a fait découvrir plusieurs vins blancs, rouges et muscats.

Je vous livre dans ce premier post sur les vins grecs, le nom d’un vigneron exceptionnel.
Il est en CEPHALONIE (archipel de petites îles en rouge sur la carte), il s’agit du Domaine SCLAVOS-ZISIMATOS.
Ses vignes sont pré-phylloxériques et le domaine est entièrement reconverti en  agriculture biodynamique. C’est ce qu’on appelle un « bon début ».

Situé à côté du village de Lixouri dans l’Ile de Céphalonie, Evriadas Sclavos (Vladis pour les amis) gère un domaine de 6 hectares en polyculture où se retrouvent complantés ceps de vignes, arbres fruitiers et oliviers.

Le site du domaine est connu depuis la plus haute antiquité pour la qualité de ses vins. Très prisé des Vénitiens qui venaient déjà ici au Moyen-Âge chercher du raisin pour en faire des vins très minéraux appelés Vino de Sasso (qui veut dire Vin de rochers !).

Vladis est le premier à s’être lancé en viticulture biodynamique en Grèce avec les cépages locaux de toutes sortes : Muscat, Robola, Mavrodaphné… La plupart de ses vins sont vinifiés en blancs (il a quelques cuvées en vin orange et rouge mais de moindre intérêt quant aux échantillons que j’ai pu goûter en tout cas). Vladis utilise très peu de SO2 pour garder à ses vins une pureté d’expression unique, solaire, iodée, minérale qui reflète de façon authentique le terroir dont ils sont issus. Aucun autre endroit de Méditerranée, hormis peut-être les vins de lave de l’Ile de Santorin, n’expriment une telle minéralité.

J’ai dégusté notamment son blanc – AOP Robola de Cephalonie – Vino di Sasso 2018
Issu du cépage Robola de Cephalonie – Comme l’indique son nom Vino de Sasso, qui signifie vin de pierre, ce vin est extrêmement minéral, avec une longueur en bouche, une expression très vibrante, vivante, qui n’en finit pas, c’est le vin qui m’a donné envie de vous faire un ces vins grecs ! Cette cuvée est issue d’un vignoble franc de pied situé à  850 mètres d’altitude, sur un terroir de cailloux et de roche mère calcaire. Elevé en cuve 8 mois il conserve toute sa fraîcheur.
Il exprime des notes fumées, minérales, puis à l’aération des arômes de truffe blanche, d’herbes sèches et d’infusion. Bouche puissante et légèrement amère aux notes salines, c’est un vin résolu à associer aux fruits de mers (huîtres, palourdes…) avec l’âge à des plats de volaille en sauce et de veau, des fromages de brebis crémeux.

Vignoble en bord de Mer rappelant nos vignobles de Banyuls et Collioure
Vignoble en bord et Mer – Terres pauvres et très minérales
La vigne côtoie l’Olivier

Histoire : Thomas Jefferson et le vin

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Thomas Jefferson (T.J.) est un personnage passionnant qui a couvert, au cours de sa longue vie (83 ans), une époque charnière d’émancipation (Colonie anglaise – guerre d’indépendance – Etats fédérés puis Etats-Unis d’Amérique) alors que pendant la même période en France c’est la chute de l’ancien régime, la révolution, l’avènement de la République puis de l’Empire et enfin la Restauration avant la Monarchie de Juillet).

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Pourquoi parler de ce personnage politique dans un blog de vin ?
T.J. était un passionné d’agronomie, de bonne chère et de bon vin.
– Homme d’action, il  » fait l’histoire » (co-rédacteur de la Charte d’Indépendance il est un des pères fondateurs des Etats-Unis).
– Visionnaire, il est libéral – on dit physiocrate à l’époque – , pour lui, la seule source de création de richesse est l’agriculture.
– Terre à terre, occupant de hautes fonctions politiques, voire la fonction suprême, il reste toujours en prise avec la gestion de ses biens fonciers de Monticello en Virginie et s’intéresse particulièrement à la culture de la vigne, car il est donc grand amateur de vin.

De 1784 à 1789, alors ministre plénipotentiaire des Etats-Unis en France (aujourd’hui on dit ambassadeur), il découvre nos campagnes, nos vignobles et nos vins au cours de nombreux voyages dans toute l’Europe mais particulièrement en France. Il observe, déguste, décrit dans ses cahiers, toutes ses expériences qui sont encore aujourd’hui de formidables sources pour les historiens.
En 1855, Napoléon III demande un classement des vins de Bordeaux pour l’ exposition universelle.
Les courtiers bordelais manquent de temps ils utilisent le classement que Thomas Jefferson a réalisé de ces vins quelques 70 ans auparavant ! j’y reviendrai prochainement.

Pour la Bourgogne, il écrit lors d’un de ses voyages « Le meilleur vin qu’on sert à Dijon est le vosne. Il se paye 4 livres la bouteille. Les vins qui ont rendu la Bourgogne célèbre ne viennent que de la Côte. Ils commencent à Chambertin et passent par Vougeot, Romanée, Vosne, Nuits, Beaune, Pommard, Volnay, Meursault et Montrachet. Le volnay vaut le chambertin mais comme il se garde moins bien il se vend moins cher (12 sous la bouteille). Les meilleurs des rouges (chambertin) et des blancs (montrachet) se trouvent aux deux bouts de la Côte.
Suit cette observation : « Il est dit que les vignobles voisins produisent un vin de la même qualité mais, appartenant à des gens obscurs, n’ont pas la même réputation». Ailleurs, Jefferson observe qu’à Pommard et à Volnay les vignerons mangent du pain de froment mais à Meursault, du pain de seigle, la raison étant que la production du vin blanc est moins sûre que celle du rouge. Le lien entre viticulture et économie réapparaît régulièrement dans ses écrits. » Extrait de l’étude de Béatrice FINK Thomas Jefferson, chef d’état, vigneron, oenophile.

Vous l’avez compris T.J. est un passionnant personnage du monde du vin, qui va nous mener dans tous les vignobles européens y compris les plus inattendus !

Anjou : Les Tailles du domaine Ogereau

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Une petite ballade dans les vignes angevines m’a permis de RE-découvrir le domaine de Vincent OGEREAU, accompagné, désormais par Emmanuel, son fils qui a vinifié aux quatre coins de l’hexagone et du monde avant de reprendre peu à peu les rennes du domaine que lui transmet peu à peu son père avec, on le sent beaucoup d’amour et de confiance. Il faut dire qu’il maîtrise Emmanuel …
Il a, en outre, hérité de son père, la chaleur humaine, l enthousiasme, la bonhommie et le sourire charmeur qui nous emballe tous comme ses vins !
Je parlerai bientôt de ses blancs secs incomparables, mais aujourd’hui je m’arrête sur la seule cuvée de rouge que j’ai pu déguster, qui était encore en stock quand je me présente fin juillet.
Quel cabernet ! un « petit Jésus en culotte de velours » comme disaient nos anciens.

Sur des terroirs de schistes gréseux du Briovérien (qui disait…), riches en Quartz, Les Tailles, sont situées à l’est de la commune de Saint Lambert du Lattay, sur les bords de l’Hyrôme, petite rivière affluente du Layon. Cette parcelle de vieilles vignes de Cabernet Franc, a été plantée voici plus de 70 ans par Francis Ogereau, père de Vincent, grand-père d’Emmanuel.
Le travail d’Emmanuel consiste à élaborer un vin rouge « plein de sève et de fraîcheur exprimant le caractère fleuri et le graphite du Cabernet Franc sur terroir de schistes ».

J’ai tellement aimé ce « canon » que je qualifierais de vin de copains plus plus ! « . Plus plus, car sa minéralité, sa complexité, sa longueur en bouche méritent deux adverbes de supériorité et ce vin donne une petite idée de ce que doivent être les autres cuvées de rouges …pas photo, faut que j’y retourne…
Pour obtenir ce résultat, Emmanuel pratique des macérations longues (25 jours sur le 2018) et douce « en infusion », seul le jus de goutte est conservé, la fermentation malolactique et l’élevage de 12 mois se font en cuves souterraines (2/3) et en barriques de 500L (1/3).
Ce vin a une belle robe grenat sombre, bigarreau bien mûr, tirant plus sur le cabernet sauvignon que sur le « petit breton ». Un premier nez révèle un bouquet de fruits et fleurs rouges, à l’aération arrivent les épices que l’on retrouve en dégustation en milieu de bouche. En finale, se révèle la mine de crayon (le fameux graphite), caractéristique des Cabernets sur ces terroirs de schistes et qui n’est pas sans rappeler l’expression du Gamay de Didier RICHOU sur ses « champs de la Pierre » terroir également constitué de schistes et quartz.
La bouche est dense, construite, avec des tanins « velours », une belle explosion de fruits rouges, notamment de cerise et une finale minérale, légèrement saline et fraîche, avec une petite touche élégante d’amer, signature des vins d’Emmanuel. A bientôt pour la découverte des blancs ! tout un univers…

Ce vin est à déguster sur une terrine forestière ou grand-mère, un petit gibier à plume, des chèvres assez affinés (Ste Maure, Selles/sur Cher ou Pouligny St Pierre, bûche d’Anjou), voire, après quelques années de bouteille, sur une entrecôte marchand de vin, cuite avec le même vin d’un millésime plus récent. A vos fourneaux et vos tire-bouchons !

Astuce : Carafer un vin ou pas ?

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Vous avez une bonne bouteille dans la cave ou dans un placard depuis un bon moment et vous souhaitez la servir à vos convives dans les meilleures conditions. En amateur éclairé, vous savez, n’est ce pas, qu’un vin carafé c’est souvent mieux que servi directement de la bouteille, seulement voilà vous savez aussi qu’un vin trop vieux, risque, si on le transvase, de perdre ses qualités , voire de s’effondrer, vous risquez gros là ! alors comment faire ? Voici l’astuce en 4 temps :

1 – Une fois débouchée, versez un fond de vin dans un verre, humez-le, goûtez le, pour vous faire déjà une idée

2 – Reversez la même petite quantité de vin dans votre verre et cette fois laissez le 30 minutes s’aérer en prenant soin de bien reboucher la bouteille »

3 – Après cette demi-heure, goûtez à nouveau ce deuxième fond de verre, laissé volontairement en pleine oxygénation, et là trois possibilités :

  • Le vin s’est bonifié, l’aération lui a donc été bénéfique : alors ça vaut le coup de le carafer et c’est sans danger
  • Le vin n’a pas changé, dans ce cas, rare, aucun intérêt à le trans vaser, servez le directement de la bouteille
  • Le vin s’est détérioré, vous avez évité une « cata », la bouteille est quasiment pleine, elle n’a pas eu le temps de s’oxyder; elle sera servie dans les verres directement et au dernier moment pour boire le vin rapidement.

4 – Bonne dégustation, à la vôtre !

Feu Dominique BELLUARD

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Dominique BELLUARD, grand vigneron d’Ayse (Haute Savoie) – voir mon article du 1er avril 2020 sur son oeuvre – nous a quitté cet été
Je ne l’ai vu qu’à quelques reprises dans des salons parisiens où il venait présenter ses vins simplement avec ses autres copains vignerons. Il m’a laissé une forte impression, il semblait perfectionniste, pugnace et volontaire, modeste et curieux d’esprit, interrogeant la nature, toujours en quête d’excellence, soucieux de révéler son terroir avant tout et forcément, cela va de pair, à l’écoute de ses clients avec son beau sourire de jeune premier. Un poète, un artiste, nous quitte.

Je pleure avec sa famille, à qui je présente mes sincères condoléances, avec ses amis, avec la profession, oui nous sommes en deuil …

Merci Dominique pour les émotions que m’ ont procuré nos échanges, simples et vrais, pour ces quelques gorgées de tes vins dégustés et ces bouteilles au long cours ! évidement c’est facile, mais le Feu tu nous l’a mis ! et à celles et ceux qui ont encore la chance d’en avoir de précieuses bouteilles dans leur cave, que chaque ouverture de flacon soit pour eux l’occasion de penser à toi et de trinquer avec toi, levons nos verres, que continue le chemin, vive le Gringuet (cépage savoyard cultivé uniquement à Ayse) !

Le Sauvignon Blanc

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Surtout présent dans la Vallée de la Loire et du Cher, le Bordelais et les Côtes de Duras on le retrouve également le Sauvignon Blanc en Provence, dans le Languedoc et à titre anecdotique en Bourgogne (Sauvignon de St Bris). En France on le retrouve dans les régions suivantes par ordre d’importance :

1er – Le Sud-Ouest arrive en 1ère position avec un total de 8 000 ha plantés dont 5 300 ha en Gironde, 1 275 en Dordogne, 600 ha dans le Lot-et-Garonne, 430 ha dans le Tarn, 400 dans le Gers et le reste réparti entre les autres départements de la région. Le Sauvignon entre dans les assemblages des grands vins moelleux tels les Sauternes, Barsac, Loupiac, Sainte Croix du Monts, Cadillac, Bergerac et Monbazillac.

2ème – La Vallée de la Loire avec 7 500 ha plantés dont 2 575 ha dans le Loir et Cher, 2 450 ha dans le Cher, 1 000 ha dans la Nièvre, 350 ha dans le Maine et Loire, 315 ha dans l’Indre et Loire, le reste étant réparti entre les autre départements. Ici le sauvignon, vinifié seul, donne des vins sec très aromatiques dans les appellations suivantes : Sancerre, pouilly Fumé, Reuilly, Quincy, Menetou-Salon, Sauvignon de Touraine.

3ème – Languedoc est 3ème avec 4 400 ha plantés. Les vins produits sont tous en appellation vin de pays.

4ème – La Provence avec une centaine d’ha. Le Sauvignon est autorisé dans les appellations Bandol et Cassis.

5ème – L’Yonne avec moins de 100 ha, mais avec une AOC communale, le Saint Bris, qui produit des vins 100 % sauvignon près de Chablis.

A l’étranger, le Sauvignon est planté aux USA (5 000 ha), au Chili (5 500 ha) et de manière anecdotique dans les autres pays du continent américain. On le trouve en Afrique du Sud (3 900 ha), en Australie (1 725 ha) et en Nouvelle Zélande (850 ha) où il semblerait qu’il ait trouvé un terroir d’exception.

Arômes typiques
Leur expression dépend évidemment du terroir, mais les caractéristiques olfactives les plus fréquentes sont les suivantes :
Bourgeon de cassis, buis, citron, pamplemousse, feuille de cassis, fleur d’acacia, foin coupé, fougère, fruit de la passion, fruits exotiques, miel (vieux vins), note musquée, pierre à fusil(Sancerre), « pipi de chat » (défaut si trop prononcé), pomme fraîche, silex, zeste d’agrume

Le Sauvignon Blanc est souvent associé (assemblé) à d’autres cépages, notamment au Sémillon dans le Bordelais pour donner les Graves, Pessac-Léognan et les grands vins liquoreux.  Le Sauvignon Blanc est peu productif, il apprécie la fraîcheur et les terrains calcaires comme à Sancerre, Pouilly et Quincy. Il est apprécié pour sa fraîcheur et sa minéralité, ses arômes floraux et fruités subtils.

Il existe également une variété de Sauvignon gris, qui présente pratiquement les mêmes caractères, mais des arômes plus fruités et miellés et qui présent plus d’aptitudes à faire des vins doux et liquoreux. François-Thomas BON du château de Lugagnac (Bordeaux Supérieur de l’Entre Deux Mers, proche de Saint Emilion), avait redécouvert cette variante au début des années 2000 pour enrichir ses vins blancs issus du seul Sauvignon blanc et son succès a provoqué une vogue dans la région. Depuis on le retrouve de plus en plus souvent associé dans les vins de Graves et d’Entre Deux Mers.

Planté donc dans le monde entier, le Sauvignon Blanc prend surtout ses lettres de noblesse en Nouvelle-Zélande et en Afrique du Sud, mais en France c’est à Sancerre qu’il exprime toute sa grandeur avec des expression différentes d’un terroir à l’autre tout en gardant le plus souvent son « air de famille » sur le pamplemousse, les agrumes en général et le pierre à fusil sur terroirs minéraux. Le sauvignon bordelais quna tà lui (hors passage en fût) est fin, fruité et légèrement iodé dans l’Entre Deux Mers, gras et complexe dans les Graves.

Recettes de cuisine associées au Sauvignon blanc à sélectionner sur le site http://www.cotesoleils.fr où plus de 1500 succulentes recettes réalisées par la passionnée et talentueuse cheffe Sophie vous attendent ! 

Tentation de Jean Claude Lapalu

Temps de lecture : 3′ 

Un copain restaurateur m’offre la semaine dernière cette bouteille de Beaujolais-Village , la cuvée Tentation de Jean Claude Lapalu, occasion de parler de lui et de ce vin.
J’ai connu Jean-Claude voici plus de 15 ans à un salon des vins biodynamiques sur la double péniche que les habitués connaissent bien, encrée en face de la Grande bibliothèque sur le Quai de Bercy.

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Jean Claude est un des meilleurs vignerons de sa génération. Il s’installe en 1996 au sud du Beaujolais noble celui des crus, à Saint Etienne La Varenne entre Belleville et Villefranche sur Saône, au pied des Monts du Beaujolais.  Il est aujourd’hui devenu un des tous premiers vignerons de la région, et peut-être de France. Derrière sa bonhommie, sa simplicité, se cache un grand monsieur qui a d’abord interrogé le vin, les vinifications, travaillé en essayant de les « faire » le plus naturellement possible, sans intrants (acides, soufre, sucre…) puis il s’est intéressé à la vigne, toujours en épargnant à celle-ci, qu’il connaît parfaitement, le plus possible les intrants chimiques « en ides », ce qu’on appelle la lutte raisonnée, en diminuant les rendements, en enherbant. Puis il est passé à la biodynamie,  naturellement …

Le résultat est la fraîcheur, la netteté, la profondeur, la vie. Ses vins sont vibrants de vie et enthousiasmants !  On respire la terre, l’espace en goûtant le fruit de sa vigne.

Toute sa gamme est magnifique, ses Beaujolais-Villages (Tentation et Rang du Merle), ses Brouilly (Croix des Rameaux, Cuvée des Fous et Vieilles Vignes), sans oublier sa cuvée Alma Mater vinifiée en amphore de 400 litres. Ce sont des vins passion, à savourer sans retenue, le  » A déguster avec modération » est ici une incantation sociétale bien pensante inutile… Jamais un mal de tête après une soirée arrosée aux vins de Jean-Claude et toujours le sourire aux lèvres, lui et nous aussi !

Ici c’est une millésime 2016. On croque dans le fruit mûr avec gourmandise, la fraîcheur est encore présente après bientôt 4 ans de bouteille ! Ruez vous sur les nouveaux millésimes si vous avez la chance d’en trouver chez vos bons cavistes, mais c’est vrai que cela devient de plus en plus difficile de trouver les vins de Jean Luc, à moins de faire un petit détour par le Beaujolais des Pierres Dorées à l’occasion de vos vacances…