Source : Site de l’AOP Rose des Riceys

Pendant la réalisation des terrasses de Versailles par des terrassiers et tailleurs de pierre issus des Riceys, les ricetons également surnommés « cnas doù solé » (canards du soleil), emportent avec eux sur les chantiers un tonneau du vin de leur village. Un jour que le Roi vient sur place s’informer de l’avancée des travaux, des ouvriers ricetons, pour se donner du coeur à l’ouvrage sans doute, percent un tonneau et offrent à leur souverain un verre de leur vin quotidien !

Source : site de l’O.T. des Riceys

Louis XIV apprécie ce vin et en fait un des vins de Cour. Le Rosé des Riceys acquiert ainsi ses « lettres de noblesse » et s’ensuivent un engouement et une notoriété pour ce vin dans les dîners des princes, ducs et autres notables de la Cour de Versailles et alentour.

En 1698l’avocat Vinot, habitant la ville de Troyes, qui avait été provoqué en duel et qui tua son adversaire, reçoit lette de grâce signées de Louis XIV lui-même, le 1er mai. Ne sachant comment témoigner sa reconnaissance au roi, Vinot a l’idée de faire parvenir à Versailles, une pièce du meilleur crû du vin des Riceys.

Voici l’anecdote du duel rapportée par l’ historien chroniqueur, ancien maire adjoint de Troyes, Monsieur Jacques Schweitzer :

Troyes est l’une des 1ères villes de France où s’établissent des cafés. Le 6 mars 1698, est le jour de l’ouverture de la Foire de Troyes. Il y a une foule considérable dans le café situé place de l’Etape au Vin (Place Audiffred aujourd’hui). Des tables de bois, des escabeaux de paille et des tasses de faïence, voilà de quoi se compose à peu près le matériel de ce nouvel établissement. Les étrangers ont afflué en ville, et se pressent autour des tables. Le service est lent et beaucoup de gens attendent.

Arrivent 2 mousquetaires du roi, 2 frères, Jean et Philippe Hérost.

Ils s’arrêtent sur le seuil, recherchant vainement une place pour s’asseoir.

A une table se trouvent 2 hommes, l’un vêtu de noir, distingué, c’est M. Poupot, maître des Eaux et Forêts de Bar-sur-Seine. L’autre, à l’air doux et bienveillant, est Nicolas Vinot, avocat aux Riceys.

Ces 2 bons amis ont, comme c’est la coutume, pour les hommes exerçant des professions libérales ou publiques, l’épée au côté.

En attendant qu’on les serve, nos 2 aubois, comme beaucoup d’autres, jouent aux cartes.

Les mousquetaires pensent prendre leur place. Un des militaires s’adresse à Vinot et lui dit d’un ton insolent qu’il triche !

L’avocat lui demande de quoi il s’occupe, et qu’il se trompe, car la partie n’est pas intéressée.

Le militaire le provoque à nouveau, disant qu’il a volé son partenaire.

Le mousquetaire tire son  épée et suit les 2 consommateurs en disant qu’il va leur donner une leçon.

L’avocat se retourne alors, prend son épée et en garde, attend le militaire. Le café se vide rapidement, pour assister au duel qui se prépare.

Les mots fusent :  » c’est une agression indigne, empêchez cet assassinat ! « .

 » Fuyez !  » disent la plupart des assistants à Vinot.

 » Non messieurs, puisque M. le Mousquetaire a déshonoré son uniforme, qu’il tâche de le défendre. C’est lui qui attaque ! « , et il engage le fer avec une vigueur inattendue. L’avocat est un habile tireur, et son épée disparaît bientôt à moitié de sa longueur dans le corps du soldat qui tombe et meurt. La foule satisfaite, crie :  » Fuyez vite ! « .

Il faut savoir que les édits de Louis XIV répriment sévèrement le duel. L’avocat Vinot se cache pendant plusieurs semaines, fait agir ses amis et recueille des témoignages unanimes, établissant son innocence. Il reçoit des lettes de grâce signées de Louis XIV lui-même, le 1er mai.

Ne sachant comment témoigner sa reconnaissance au roi, Vinot a l’idée de faire parvenir à Versailles, une pièce du meilleur crû du vin des Riceys. Louis XIV goûte le vin, le trouve exquis, et ne veut plus désormais en boire d’autre pour sa consommation habituelle.

La famille Praslin devint fournisseur du roi, et toute la récolte de la contrée connue sous le nom de Val des Riceys fut exclusivement réservée pour la table du roi.