Très belle dégustation hier. Concentré sur les Champagnes j’ai toutefois commencé par le domaine PAUL BLANCK attiré par la stature imposante de Philippe BLANCK porte drapeau à travers le monde de la célèbre et très bonne maison PAUL BLANCK.
Après s’être rappelé le bon vieux temps (il y a 15 ans nous avions fait le tour des vignes de grand CruSchlossberg et Furstentum en jeep hotchkiss avec son oncle Bertrand), nous avons dégusté trois vins :

1 – Riesling Patergarten 2014 rond et minéral, aux parfums de fleur blanche et de miel

2 – Riesling Wineck Schlossberg 2010, une de mes madeleines… chaque fois que je sens ce vin je suis transporté chez les BLANCK ! 15 ans en arrière avec  toute sa corbeille de fruits exotiques, d’ananas, de goyave, de fruit de la passion  mais aussi de cire d’abeilles, de fleurs d’acacia et cette belle note minérale qui donne la nervosité au vin et qui caractérise ce grand cru particulièrement tendu, gourmand et ample à la finale qui n’en finit plus.

3 – Auxerrois vieilles vignes 2010, m’a bleufé par sa complexité. Après un nez et une attaque sur des notes dévolution marquées par des fruits exotiques, la bouche se développe sur un registre fumé, légèrement épicé, pour terminer une grande minérale élégante qui rafraîchit la bouche, jamais à l’aveugle j’aurai dit Auxerrois. Ah ces vins d’ Alsace !

J’ai ensuite centré les dégustations sur les champagnes (12 maisons sur les 24 présentes) dont 4 étaient l’autre jour à Reims à Passion Chardonnay (Veuve Fourny, Franck Bonville, Philippe Glavier, Guiborat).

Drappier a changé de chef de cave il y a 18 mois, c’est Yannich DESMAREST qui est aux commandes aujourd’hui, attendons ses premieres cuvées, celles dégustées hier étaient celles de son prédécesseur. A signaler une cuvée sans millésime de vieux cépages « Quattuor » constituée de  25 % arbanne, 25 % blanc Vrai, 25 % Petit Meslier et 25 % Chardonnay pour faire bonne figure. Grande complexité aromatique, puissance et finesse mais trop froid en arrivant pour vraiment l’apprécier, mais assurément à déguster aéré, voire carafé et plus tempéré. Mais, vendu 59 € on se demande si ce n’est pas le directeur financier qui fait les tarifs …

Le BSA rosé Brut nature de saignée 100 % Pinot Noir est très fruits rouges et sur le croquant, c’est un rosé qui par sa fraîcheur peut faire le trait d’union de l’apéritif à l’entrée ou du fromage (Chaource ou Comté) au dessert (soupe de fruits rouges). Vendu 34.50 € ce n’est pas du vol. Enfin le Grande Sendrée 2006, incontestablement la grande bouteille de la maison avec ses 60 % de puissance en pinot noir, 40 % de Chardonnay pour la finesse et l’élégance et 30 % de foudres bois de 50 hl, pour l’ensemble pour la rondeur et la complexité. Tiré en 2007 et dosé au minimum, c’est tout le fruit, la puissance et la finesse qui s’exhalent de cette parcelle. Pourquoi sendrée ? parce qu’en 1836 un incendie ravage le village
d’Urville et le vent chasse toutes les cendres sur la parcelle en question qui sera renommée la grande Sendrée avec un S car les gens du cadastres se sont trompés d’ortographe ! Rien de particulier sur ce sol sinon les Crayots qui magnifient le Chardonnay. Un conseil, cette cuvée donne toute sa palette aromatique après un carafage prudent et un service rapide des verres !

J’essaierai de revenir sur cette belle dégustation des champagnes  Alfred Gratien aux boisés maîtrisés comme toujours, Franck Bonville d’Avize aux vins ciselés, Guiborat et Glavier de Cramant aux vins puissants et élégants sur des grands crus éloquents. Juste un mot du Champagne Mont de Vertus Blanc de Blancs Extra Brut 1er Cru 2009 des frères FOURNY, une nouveauté qui mérite toute l’attention.

150601_WinelabCarreauduTemple 004Les frères FOURNY eaunologues…

Les frères FOURNY travaillent sur la finesse, l’élégance,  la lisibilité des terroirs ce qui se traduit par une « buvabilité » tout à fait exceptionnelle. Il était logique qu’ils donnent à leur millésime le nom de leur terroirs Monts de Vertus, puisque l’ensemble de l’assemblage des vins du millésimé Blanc de Blancs est issu des seuls terroirs de Vertus, d’autres vignes en grands crus entrant dans la composition de leurs brut Grande Réserve, Brut blanc de Blancs et Brut nature. C’est un vin qui a un nez très gourmand, chaleureux. On est sur une bouche puissante, gourmande de fruit jaunes bien mûrs et de miel mais sans lourdeur avec une fin de bouche tendue sur la minéralité des craies de Vertus, finale qui dure qui dure. Une très belle réussite que ce 2009 solaire !

Veuve Cliquot lançait sa boisson pétillante appelée quand même Champagne RICH. Ca pour être RICH mon taylor l’est sûrement moins que la Veuve mais que faut il faire pour ajouter des dollars aux dollars, jugez vous même : sur lit de concombre et glace, on verse le RICH : ça fait quoi, devinez du jus de concombre pétillant (pas mauvais d’ailleurs) o en infusion de thé à la bergamotte saisissant (Ici c’est un thé galcé pétillant et assez réussi), ou les trois couleurs de poivron (ça ce n’est pas vraiment convaincant). Entendez bien, j’aime les trouvailles quand c’est bon et amusant, ce qui est le cas mais dommage que ce soit une grande maison de Champagne et pas une marque de spiritueux qui s’amuse et nous abuse.

Une grande maison qui en arrive là pour vendre son « jus », franchement c’est inquiétant et ça en dit long sur l’esprit qui préside maintenant aux destinées de la maison et d’autres du groupe. Comme le dit un vigneron qui a fait l’expérience du RICH aux légumes de saison « si nous on s’amusait à faire ça on nous supprimerait l’appellation et sans doute le droit d’être vigneron ou on irait tout droit en prison, mais là c’est Cliquot on dit bravo !  » sans commentaires…

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