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Traditionnellement Septembre et Octobre ont des lundis bien remplis pour les sommeliers et œnologues.
Ce Lundi 6 octobre était particulièrement chargé avec la dégustation de vins du monde organisée par Planète Vins International au restaurant BEAUCOUP, qui portait mieux son nom que jamais car l’affluence de vignerons, bouteilles et dégustateurs était telle que je me suis concentré (à l’entrée) sur les vins italiens.

Que de découvertes avec des domaines pour moitié en BIO ou reconversion, voire en Biodynamie – sans le revendiquer ouvertement d’ailleurs – qui proposent des vins d’une élégance souvent remarquable malgré des degrés supérieurs à 13 % la plupart du temps.
Il faut beaucoup de doigté, de métier pour réussir à faire oublier les degrés tout en maintenant finesse, élégance, fraîcheur et « buvabilité », et surtout à faire passer l’expression authentique du raisin sur son terroir : Partition délicate, qui propose au vigneron des défis et des choix difficiles. Ici, la plupart des vignerons des domaines dégustés ce lundi 6 octobre s’en tirent avec maestria.

Je me concentrerai sur 3 vins du même domaine, CENTO FILARI, en sud Piémont.
C’est Simone ROVEGLIA qui est aux commandes, d’abord grand amateur de vins et qui s’est mis à « faire du vin » il y a une vingtaine d’années dans le sud du Piémont.

Simone ROVEGLIA

Pour commencer sa cuvée de Barbera d’Asti 2013 qui met superbement en bouche avec une fraîcheur et un équilibre acide/alcool remarquable (malgré les 14,5 % d’alcool) sur du fruit rouge croquant et une belle gourmandise. Ici on est sur un élevage inox 100 % avec une mise à mi mars 2014, bouteille déjà prête à boire.

Vient ensuite la formidable cuvée IL Brigante PINOT NERO 2011, dont je garde un souvenir particulièrement ému. C’est une cuvée puissante, mais fraîche et surtout très aromatique, dont la longueur et la complexité sans lourdeur signent un grand vin qui fait oublier ses 14,5 % d’alcool. On navigue au fil de la dégustation entre un grand cru de Chambolle-Musigny (par la profondeur, le velours de ses tanins et sa gourmandise), un Côte Rôtie (par sa palette empyreumatique, de créosote surtout et de poivre) et un Châteauneuf du Pape parr sa puissance, sa rusticité et ses arômes de réglisse et de fruits noirs.
Ici la magie provient du terroir, du cépage et du savoir faire du vigneron qui réalise un assemblage de deux élevages de 6 à 7 mois : 50 % inox et 50 % foudre de 5 hl (pas neuf) pour une mise en décembre de l’année suivante (2012). Au total on est à moins de 70 mg de SO2, quel talent ! Comme l’explique Simone, tout vient du respect du terroir et du raisin qui s’y exprime.

Le Freisa d’Asti 2012 vient couronner cette dégustation magnifique.
Le Freisa d’Asti est un vin issu du seul Freisa, cépage cousin du Nebbiollo qui a bien un air de famille avec son bouquet très aromatique et ses tanins bien présents. C’est une bouteille dont la mise a été réalisée au printemps 2014. L’élevage est ici de 8 mois en « tonneau » (50 %) comprenez foudre et 50 % cuve inox. C’est une bouteille à attendre sans doute plusieurs années, mais très prometteuse.