VINISSIME a participé à l’animation d’une soirée de dégustation au château de MONTMIRAIL (Marne)  pour AXON-CABLE qui recevait, à l’occasion du salon du BOURGET, l’ensemble de sa clientèle étrangère. Brésiliens, russes, indiens, mais aussi européens étaient au rendez-vous.
C’est toujours émouvant de se retrouver dans un lieu historique si chargé d’histoire, car le château de Montmirail a une longue et prestigieuse histoire depuis le XIème siècle, puisqu’il a vu la famille fondatrice de MONTMIRAIL , puis les familles de COUCY, de PIERREMONT, de SARREBRUCK, de SILLY, de GONDI, de la TREMOILLE, de Le TELLIER de LOUVOIS, de la ROCHEFOUCAULD se succéder avant d’être racheté par Joseph PUZO, PDG d’AXON CABLE. Jeanne d’Arc  le 1er Août 1429, y séjourna, au retour du sacre du Roi CHARLES VII à Reims et en marche vers Paris. Saint Vincent de Paul y fut dés 1613 précepteur de la famille de GONDI (FRANCOIS PAUL de GONDY, futur cardinal de RETZ est né à Montmirail le 20 septembre 1613). Le ROI SOLEIL séjourna au château. Le 11 Février 1814, l’empereur NAPOLEON 1er y prépare sa bataille contre les russes et les prussiens.

salle à manger d'apparatLe thème de cette soirée était Napoléon 1er   et la table.  Geoffrey ORBAN (EDUCAVIN) à qui a été confié la partie œnologique de la soirée, avait préparé un beau programme.

En apéritif, le Champagne chioisi par AXON CABLE, Champagne NAPOLEON a été dégusté et sébré. Issu d’un asemblage 50 % chardonnay (finesse, fruits secs, agrumes) et 50 % pinot noir (fruits rouge set noirs, épices, structure) il vieillit 3 ans sur lattes. Monsieur Joseph PUZO, maître de cérémonie, invite les participants à sabrer une bouteille.

Monsieur PUZO invite au sabrage du Champagne

Le repas s’ouvrira sur un joli clairet très vineux Château Les Bertrands 2012 assemblage de 70% Merlot et 30% Cabernet Sauvignon en macération pelliculaire à 50% et pressurage direct 50%, table de tri et sélection des jus, fermentation en cuves inox thermo-régulées. Vin issu de « saignée » (extraction du premier jus après 24 heures de macération). Il est fermenté comme un vin blanc à 18° pour garder le fruit et les arômes à température contrôlée et ne subit pas de fermentation malolactique pour lui laisser toute sa fraîcheur. Elevage sur lies pendant 3 mois en cuves inox. Ce vin sera le bon compromis sur une série de mises en bouche variées telle que découpe de Foie gras sur toast, Foie gras poêlé à la sauce aux truffes, poêlée d’escargots à la crème d’ail, verrine d’omble chevalier sur son lit de lentille verte et St Jacques poêlée à l’armoricaine.

Ambiance dîner salle des tableaux(c)PhilippeCATZ

Sur les plats (Aiguillettes de poulet Marengo, Emincé de filet de boeuf sauce au brie et Purée de pomme de terre à l’ancienne),  le Fixin 1er Cru Clos Napoléon 2008 Domaine Gélin (Monopole).

Etiquette Fixin1erCru Clos Napoléon - (c)Philippe CATZ L’étiquette est la reproduction de la sculpture
« Le Réveil de Napoléon » par le sculpteur Rude de Dijon

Ce vin, sur un millésime très bourguignon,  sera un excellent accompagnement.Sans doute encore un peu jeune, nous aurions dû le carafer, mais le temps était à l’orage et cela nous a découragés, ce vin exprime déjà son terroir d’excellence, une trame très serrée, des tannins profonds et mûrs, une belle fraîcheur, une persistance de fruits noirs (notamment de cassis) et d’épices, de violette et de buis.

HISTOIRE : Le Clos Napoléon, climat classé en premier cru sur le territoire de Fixin, doit son nom à un homme, Claude Noizot. Officier colonel de la garde impériale de Napoléon I er, qui accompagna Napoléon sur l’Ile d’Elbe. Il avait des parents chapeliers à Auxonne et se retira à Fixin. Il épousa la veuve d’un avocat dijonnais qui possédait de nombreuses propriétés, dont des terres qu’il remembra de parcelles et rebaptisa Clos Napoléon, en mémoire de son empereur. Il fit également l’acquisition d’un terrain, qu’il transforma en parc, fit un musée dans lequel uniformes, drapeaux et souvenirs rappellent l’épopée impériale. Il commanda au sculpteur dijonnais Rude une statue érigée au Parc Noisot en 1847.Noisot fit également construire la réplique de la demeure de Napoléon à l’Ile d’Elbe. Au fond d’une combe très étroite, infranchissable, il fit creuser en 1840 dans la roche au lieu dit ‘le saut du loup’ un escalier nommé ‘cent marches’ pour symboliser les 100 jours (du 1er mars au 18 juin 1815). Lorsque l’on gravit ces marches on peut distinguer une plaque avec l’aigle impérial insérée dans la paroi rocheuse. On y remarque également les différentes essences disposées suivant les expositions qui sont le hêtre et le chêne, mais l’accent est mis particulièrement sur l’entrée du parc qui est planté de pins Laricio de Corse, entre 1830 et 1840 en hommage à l’empereur. Napoléon et le Bourgogne : C’est lorsqu’il est encore officier d’artillerie à Auxonne que le Corse découvre le Chambertin, entre 1788 et 1791 : Bonaparte fera plusieurs séjours près de Dijon.

Sur les fromages sera servi un Champagne 2006 rosé de Saignée exceptionnel « Sève » de Olivier Horiot. 2006 est une année de bonne maturité, avec des vins opulents, ronds et faciles à boire dés leur jeunesse. Le Domaine familial d’Olivier Horiot couvre 7 ha, en biodynamie (Certification ECOCERT en 2013). Situé dans le Village des Riceys (commune qui possède la plus importante superficie viticole de toute la Champagne 750 ha et la seule à posséder les 3 appellations contrôlées champenoises : Champagne, Coteaux Champenois, Rosé des Riceys), la philosophie Horiot  consiste à respecter au mieux les fruits de l’année et révéler chaque millésime le plus naturellement possible, en suivant les principes de la biodynamie.

Champagne SEVE Rosé - (c)Philippe CATZVinifié en « saignant » la cuve, c’est à dire en laissant macérer les raisins de pinot noir jusqu’à obtention de la couleur, du fruit, de l’ampleur souhaitée,  cette  méthode est plus risquée que celle utilisée dans la plupart des champagnes rosés, mais donne des résultats convaincants. Cette récolte mûre, saine à petits rendements donne un vin d’une finesse et porte bien son nom, il est séveux, élégant, aérien et curieusement, il exprime sa puissance sur les fromages pourtant très puissants et notamment le Comté fruité.
Fiche technique : Vendanges le 15 septembre 2006 – Lieu dit En Barmont Macération carbonique Fermentations longues Elevage en futs – Tirage de 5 000 bouteilles le 26 juillet 2007 – Dégorgement le 29 octobre 2010 Dosage 2g/l.

Service du Klein CONSTANTIA (c)Philippe CATZPour finir sur les crèmes brûlées et les Charlotte aux fraises, Crumble de pommes accompagné de chantilly et les Mini Crème brulées aux coquelicots ou à la rose de Provins, un vin d’exception : Vin de Constance WO Constantia 2006, Domaine Klein Constantia. Il y a environ 60 appellation dans le système des WO (wine of origin, vins d’origine) qui a été mis en place en 1973. Une hiérarchisation géographique distingue des régions de production, districts et wards. Les WO doivent être produits à 100 % avec des raisins provenant de l’origine mentionnée. Un Ward est une zone avec un type de sol et /ou climat particulier. Le ward Constantia inclut la propriété historique de Klein Contantia. Situé au sud de la ville du Cap, le vignoble se trouve sur la péninsule du Cap bordé de part et d’autre par l’océan atlantique. Cette influence océanique, associée à une pluviométrie généreuse, permet une lente maturation des raisins et dispense les vignerons d’irriguer les vignes.

Pour vin de Constance, les vignes occupent la partie basse de la Montagne de la Table, exposée à l’est, à 8 km du Cap. Les sols sont essentiellement composés de grès provenant de la montagne de La Table et de granit mêlés à des argiles. Le résultat se retrouve dans ces vins  liquoreux denses et fruités (argiles) avec une bonne acidité, agrumes et fruits tropicaux (granite et grès).

Liquoreux naturellement doux de haute volée, avec une subtilité splendide, une complexité sans égale et une longueur extraordinaire. Il est peut-être encore plus précis que les précédents millésimes 2004 et 2005. L’été 2006 a été long et sec, conditions idéales pour obtenir un passerillage sur pied des grappes de Muscat à petits grains, appelé ici haenapop.  Après la vendange de grappes passerillées, les raisins sont laissés à macérer sur leur peau pour plusieurs jours afin de les ramollir et de favoriser par conséquence l’obtention du jus au pressage. Le nectar ainsi récupéré est mis en fermentation dans des cuves inox et dans des foudres de 500 L. La durée d’élevage avant mise en bouteille fût de 4 années pour le millésime 2006.

Éléments analytiques : Alcool : 13,14 %/vol – Acidité totale : 7,3 ‰ – Sucres résiduels : environ 170 g/L – pH : 3,55

En dégustation, la robe dorée, profonde aux nuances ambrées, ce nectar dévoile au premier nez, des notes d’ananas frais avec une touche vanillée et d’amandes grillées. Viennent progressivement s’y ajouter des senteurs capiteuses où se mêlent la mandarine, la citronnelle et la mangue. La bouche est élégante, structurée, avec des saveurs de mangue et d’ananas très mûrs. Sa grande richesse en sucres résiduels allie la complexité à la puissance. Les premiers vins de ce vignoble furent distribués sur le marché européen à partir de 1761. Aux 18e et 19e siècles, il était le meilleur et le plus célèbre vin de l’hémisphère sud. Le vignoble est entré en déclin vers 1880 et a finalement été vendu au gouvernement sud-africain. La production de vin a cessé. Il faudra attendre la fin des années 1970, soit presque un siècle plus tard, pour assister à sa renaissance. Le domaine de Klein Constantia a été réhabilité à grands frais par Duggy Jooste et replanté en 1981. Il a réussi à traquer le cépage d’origine 1656, Muscat de Frontignan. En 1982, les racines du réveil ont été plantées. Le premier millésime appelé à une production commerciale fût le 1987. Le vin est vinifié à partir du cépage Muscat à petits grains vendangés très tard (en Mars). Les feuilles de vigne sont retirées pour laisser le soleil d’or sud-africaine travailler sa magie. Ces raisins sont passerillés sur pied, selon une tradition qui n’est pas sans rappeler les grands Vins de Paille de l’Ermitage, d’autrefois.

La teneur forte en alcool naturel (14 à 15 degré) n’est pas acceptée par l’Europe pour un vin doux non muté. Plus important encore, l’UE n’a pas réussi un accord commercial réciproque avec l’Afrique du Sud. Il n’y a donc qu’un seul importateur français de ce vin d’exception. 12 000 bouteilles produites par an !

UN PEU d’HISTOIRE : L’origine de la viticulture sud-africaine correspond à l’époque à laquelle la Compagnie hollandaise des Indes orientales établit un relais dans ce qui est aujourd’hui Cape Town. Un chirurgien hollandais, Jan van Riebeeck avait été chargé de diriger ce comptoir ainsi que de planter des vignes dont les raisins pourraient être utilisés pour prévenir le scorbut chez les marins qui continuaient leur voyage le long de la route des épices. Les premières vendanges eurent lieu le 6 avril 1659. Le successeur de Jan van Riebeeck comme gouverneur du Cap de Bonne Espérance, Simon van der Stel, chercha à améliorer la qualité de la viticulture dans la région.

En 1685, il acheta une vaste propriété de 750 ha juste en dehors de Cape Town et fonda le domaine viticole de Constantia. Ce domaine fut laissé à l’abandon à la mort de Simon van der Stel pour renaître en 1778 lorsque Hendrik Cloete en fit l’acquisition.

La révocation de l’édit de Nantes en France au XVIIème siècle provoque l’émigration de quelques centaines de huguenots calvinistes qui établirent la ville de Franschhoeck en 1688. Ils participeront très activement au développement de la viticulture sud-africaine. C’est sous Cloete que les vins de Constance, un vin de dessert produit à partir de muscat à petits grains, devint l’un des vins les plus réputé au monde. Cette renommée rejaillit sur les vins du Cape et, lorsque la région tomba sous domination britannique, d’importantes quantités de vins furent exportées en Grande Bretagne (en 1859, plus de 45000 hl furent exportés en GB). Napoléon le connait certainement depuis cette époque faste !

Cette période faste pour l’exportation des vins sud-africains en GB prit fin en 1860 avec la signature du traité Cobden Chevalier. En 1866, le phylloxera se propagea en Afrique du Sud, terminant ainsi de mettre le vignoble à terre.

Liens avec Napoléon : Napoléon, qui n’était pas un grand buveur, appréciait à l’occasion un petit verre de ce vin du Cap, alors renommé, qui tirait son nom (Constantia) de la propriété créée par le Gouverneur hollandais à la fin du XVIIème siècle. Las Cases, après son renvoi de Sainte-Hélène en 1816, et connaissant le goût de son maître, lui en fit envoyer deux fois un tonnelet depuis Cape Town. La jolie petite bouteille de 500 ml semble bien être, elle, parfaitement identique aux flacons d’époque. La dernière fois que Napoléon a réclamé du vin de Constance fut le 21 avril 1821, deux semaines avant sa mort, après avoir mis la dernière main à ses dispositions testamentaires. Napoléon Bonaparte avait 30 bouteilles par mois expédiées sur l’île d’Elbe.

Bouteilles dégustées