Hier, retour à Paris après des escapades en vignoble et en France profonde à pied…

D’où mon silence radio, mais qui sera, j’en suis sûr, vite pardonné, tant la pêche fut bonne… A suivre…

Je voudrais commencer par la fin et cette sublissime dégustation d’hier.

L’année 2001 en liquoreux (surtout dans le sauternais) était exceptionnelle , et 2002 risquait de parâitre un peu pâle.  Eh bien en vallée de la Loire angevine il en a été tout autrement et particulièrement au château de Suronde situé à Chaume.

Chaume est un lieu dit, plus exactement un petit hameau, tout proche de la Loire et qui s’agrippe au Côteau surplombant le Layon sur sa rive droite avec expositions de vignoble allant, si j’ai bonne mémoire, du Sud Est au Sud Ouest.

Francis Poirel exploite 6 hectares de vigne, dont 5 en Appellation QUARTS DE CHAUME (Grand Cru).   Le reste, est en  AOC LAYON CHAUME (Appellation Communale) . Les vignes ont entre 15 à 70 ans de Chenin quasi exclusivement. On est ici sur des schistes gréseux, mêlés de sable, d’argile, de limon (sur une couche de 25 à 70 cm) sur des coteaux exposés sud-est, sud et sud-ouest. Quarts de Chaume compte 47 ha de vigne  au total.

Francis Poirel travaille à l’ancienne, pas de désherbant, ni d’insecticide, labours soignés et soufre /bouillie bordelaise,  à mi chemin entre agriculture biologique et biodynamique.

Les quarts de Chaume sont élaborés exclusivement à partir d’une sélection de « grains nobles ». Il n’est peut être pas inutile de rappeler qu’ici les alternances d’humidité matinale, de vent et de soleil favorisent le développement de la pourriture noble responsable de ces raisins recroquevillés, ratatinés et parfois barbus… qui donnent ce vin d’exception.

Au château de Suronde c’est le  goût des baies qui dictera la cueillette grain par grain.

En 2 à 5 passages, voire plus certaines années, les raisins sont pressés (en pressoir vertical) avec des rendements de 12 hl/ha max. ce qui correspond à peu près à un verre de vin par cep de vigne.

Autant vous dire qu’on est ici sur un nectar des dieux, comme à Yquem.

 

J’ai trouvé cette bouteille chez mon caviste qui m’en avait déjà vendue une l’an dernier… Même émotion, même plaisir partagé avec de bons élèves qui méritent par leur assiduité, un tel cadeau.

 

On est ici sur une robe de vieil Armagnac (bien que 2002 seulement) avec cependant une acidité bien présente. Un nez intense de fruits jaunes confits et de fruits secs, une touche de tabac blond, une note de vieux bois ciré. En bouche l’attaque ample et gourmande reste vive, avec un fruit confit (abricot surtout et mangue) très présent, des touches de tabac, de pain d’épices, voire de vieux miel de châtaigne ou de montagne associées au caramel, puis ce qu’on croît être une finale de vieux cognac ou Armagnac et un retour d’abricot sec, qui signe les grands chenins botrytisés. Une pure merveille à 38 € les 50 cl évidemment, mais je vous assure que ça les vaut.

* Je recommande particulièrement cet excellent Blog souvent en anglais et pour cause…