Tentation de Jean Claude Lapalu

Temps de lecture : 3′ 

Un copain restaurateur m’offre la semaine dernière cette bouteille de Beaujolais-Village , la cuvée Tentation de Jean Claude Lapalu, occasion de parler de lui et de ce vin.
J’ai connu Jean-Claude voici plus de 15 ans à un salon des vins biodynamiques sur la double péniche que les habitués connaissent bien, encrée en face de la Grande bibliothèque sur le Quai de Bercy.

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Jean Claude est un des meilleurs vignerons de sa génération. Il s’installe en 1996 au sud du Beaujolais noble celui des crus, à Saint Etienne La Varenne entre Belleville et Villefranche sur Saône, au pied des Monts du Beaujolais.  Il est aujourd’hui devenu un des tous premiers vignerons de la région, et peut-être de France. Derrière sa bonhommie, sa simplicité, se cache un grand monsieur qui a d’abord interrogé le vin, les vinifications, travaillé en essayant de les « faire » le plus naturellement possible, sans intrants (acides, soufre, sucre…) puis il s’est intéressé à la vigne, toujours en épargnant à celle-ci, qu’il connaît parfaitement, le plus possible les intrants chimiques « en ides », ce qu’on appelle la lutte raisonnée, en diminuant les rendements, en enherbant. Puis il est passé à la biodynamie,  naturellement …

Le résultat est la fraîcheur, la netteté, la profondeur, la vie. Ses vins sont vibrants de vie et enthousiasmants !  On respire la terre, l’espace en goûtant le fruit de sa vigne.

Toute sa gamme est magnifique, ses Beaujolais-Villages (Tentation et Rang du Merle), ses Brouilly (Croix des Rameaux, Cuvée des Fous et Vieilles Vignes), sans oublier sa cuvée Alma Mater vinifiée en amphore de 400 litres. Ce sont des vins passion, à savourer sans retenue, le  » A déguster avec modération » est ici une incantation sociétale bien pensante inutile… Jamais un mal de tête après une soirée arrosée aux vins de Jean-Claude et toujours le sourire aux lèvres, lui et nous aussi !

Ici c’est une millésime 2016. On croque dans le fruit mûr avec gourmandise, la fraîcheur est encore présente après bientôt 4 ans de bouteille ! Ruez vous sur les nouveaux millésimes si vous avez la chance d’en trouver chez vos bons cavistes, mais c’est vrai que cela devient de plus en plus difficile de trouver les vins de Jean Luc, à moins de faire un petit détour par le Beaujolais des Pierres Dorées à l’occasion de vos vacances…

 

 

 

Vins de Moselle 3

Temps de Lecture : 4 ‘

Cet article fait suite aux deux précédents des 15 et 22 Mai sur la dégustation des vins de Moselle chez Soif d’ailleurs.
Le vin suivant était un Pinot blanc (Appelé en Allemagne Weiss Burgunder c’est à dire Bourgogne blanc) du Luxembourg du domaine KRIER en 2018 de la région de Remich, élaboré par un confrère de Laurent Kox à Schengen, village célèbre par les accords européens signés en 1985.

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Il s’agit d’un « grand premier cru », désignation spécifiquement luxembourgeoise, qui qualifie le vin qui est dégusté chaque année après dégustation paritaire regroupant de professionnels du vin, du personnel de l’état et de groupes de consommateurs. Avant dégustation, il subit un contrôle de composition chimique et s’il n’est pas conforme, il est recalé. Si il remplit  les conditions nécessaires, il est retenu (s’il obtient une note minimale de 12 /20), et est désigné Vin Classé (note minimale de 14/20), Premier Cru (16/20), Grand Premier Cru (18/20).
C’est un vin que l’on rangerait en Touraine dans la catégorie « sec tendre » avec environ 6 gr de sucre résiduel. Il fait des larmes épaisses qui s’écoulent paresseusement, il contient plus d’alcool – 13 ° – que les vins précédemment dégustés. Nez et bouche de fruits jaunes et d’agrumes.

Ont suivi la dégustation comparative de 2 Pinot Gris 2018, français et luxembourgeois.
Le français, du Domaine les Béliers, situé à Ancy S/Moselle, a été remarqué avec ses
14,5 °c, très aromatique, élégant et fruité dont la teneur en alcool s’explique par le climat semi-continental, avec des étés chauds, l’orientation du vignoble sud-sud-est, protégé des vents dominants par le petit plateau situé à l’ouest du village juste au dessus des vignes et sont terroir argilo-calcaire.

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Le Pinot Gris luxembourgeois du Domaine St Martin à Remich titrait 13,5 ° était très aromatique, équilibré, élégant, sans la lourdeur de certains Pinot Gris alsaciens. 

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Puis nous avons enchaîné sur un vin français du château de Vaux  – MOLOZAY, cuvée Septentrion 2018, issu d’un assemblage de 50% Auxerrois, 30% Pinot Gris et 20% Müller-Thurgau, 3 cépages de la région. Le domaine est conduit en bio-dynamie par  Les fermentations en levures indigènes, sont menées à basse température. SEPTENTRION est issue d’une sélection très sévère des vins les plus denses et riches issus des différents terroirs du domaine. L’élevage  100 % en barriques, dont 30 % de neuves est mérité tant la matière est large et ample. Les vins font leur fermentation malo-lactique totalement. Puissant au nez, il ressemblerait presque à un Meursault, tant il est beurré et fruité (pêche ou abricot), il se révèle dense et complexe en bouche, où on retrouve ces notes beurrées et même de fruit sec (noisette ?), à l’aération des notes de zan (réglisse) apparaissent, voire de fruits jaunes bien mûrs (pêche, abricot, poire) et la bouche suit. Une grande bouteille.

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Le Gewurztraminer était représenté par le domaine St Martin de Remich (le Luxembourg était à l’honneur, Mr Kox a bien fait son travail).
Un vin très parfumé,  du plus pur style « Gewurz. » mais avec une touche d’élégance, de finesse et de fraîcheur en plus. A noter que cette cuvée appartient à la gamme « De nos Rochers ». Elle est à retenir … et décidément ces luxembourgeois ont du talent ! 

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Et nous avons terminé sur un rouge, un magnifique Pinot Noir 2018, croquant, gourmand et épicé à souhait, parfait pour l’intersaison !
Il s’agissait du Domaine SONTAG, Marie Antoinette SONTAG est la vigneronne qui travaille avec bonheur les 3 couleurs. Une affaire à suivre sans aucun doute … 

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Dégustation de Champagne Henriet Bazin Grand Cru Blanc de Noirs – Extra Brut

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Temps de lecture de cet article : 5′

Marie Noëlle et Nicolas Rainon, président aux destinées de la maison de champagne Henriet-Bazin. Marie-Noëlle représente la 5ème génération.

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Un peu d’histoire
L’aventure de la maison commence en1890 ! Trois amis vignerons de Verzenay, décident de garder une partie de leur récolte pour élaborer leurs propres cuvées. Parmi eux son arrière grand-père dont le fils développe les soins à la vigne et lance la vente de bouteilles, qui représente près de la moitié du volume de raisin produit au moment de la transmission au père de Marie-Noëlle. Ce dernier épouse une Bazin, vigneronne à Villers-Marmery. L’union des deux « terroirs » donne naissance au Champagne Henriet-Bazin. Marie-Noëlle arrive dans la maison en 1991, convainc son père de vinifier l’ensemble de la récolte et s’engage à s’occuper de la commercialisation, qu’elle développe et ouvre sur l’étranger.

Le vignoble aujourd’hui
Il compte 7,5 ha hectares. sur 4 villages : Verzenay-Verzy-Villers Marmery et Faverolles & Coëmy.
Les terroirs de Verzenay-Verzy et Villers Marmery, Grands et premiers crus, sont situés entre les contre forts Nord du Moulin de Verzenay et les coteaux Sud de Villers-Marmery, en passant par Verzy.
S’y ajoutent, 1,75 ha acquis par Marie-Noëlle, plantés de Pinot Meunier, sur la commune de Faverolles & Coëmy, dans la vallée de l’Ardre*. La maison cultive donc maintenant les 3 cépages. Les 7,5 ha du domaine sont répartis en 32 parcelles sur 4 villages comme suit : VERZENAY : Grand Cru (2 Ha de pinot noir)
VERZY : Grand Cru (1 Ha de pinot noir et chardonnay)
VILLERS MARMERY : 1er Cru (3Ha de chardonnay)
FAVEROLLES-ET-COEMY (1,5 Ha de meunier)

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Le Grand Cru Blanc de Noirs Extra Brut que nous avons dégusté est issu des seuls terroirs de Verzenay (limons, silice et graveluches* sur craie) et de Verzy (limons et argile fine sur craie).

Travail à la vigne et au chai
Marie-Noëlle, sensibilisée à l’environnement dés son enfance écrit :  » Je modifie la tenue du vignoble et instaure petit à petit le labour et l’enherbement qui sont aujourd’hui effectués sur l’intégralité de nos parcelles« . S’ajoutent la confusion sexuelle* et la limitation au maximum des traitements chimiques.
Marie-Noëlle dit encore « La vigne me rendant bien ce que je fais pour elle, j’ai la chance d’obtenir de beaux vins et de superbes typicités que je laisse s’exprimer en des cuvées* qui leur rendent hommage. Mono cépages*, mono-terroirs et grands millésimes* viennent épauler notre gamme historique…« . Sans parler de véritable biodynamie pour le moment, le vignoble est conduit dans la perspective de cette philosophie. A cette fin Claude Bourguignon (ingénieur agronomie, spécialiste de la micro-biologie des sols et Geoffrey Orban (spécialiste des terroirs et surtout de Champagne) se sont rencontrés dans le vignoble avec Marie-Noëlle pour un audit de ses sols… affaire à suivre…
La vinification et l’élevage sont donc très méticuleux : pressurage* sur pressoir Bücher (considéré comme la meilleure marque par les bons vignerons) pour des marcs * de  4000 kg, débourbage à froid*, cuve en fer émaillé, fermentation malo-lactique* faite, dégorgement* 6 mois avant la vente.

La gamme
De ce large éventail de terroirs, plantés dans les 3 cépages Pinot Noir, Meunier et Chardonnay, résultent une dizaine de cuvées mono-cépage* ou d’assemblage* dont ce Blanc de Noirs de Pinot Noir. A noter qu’existe également dans la gamme un Blanc de Noirs de Meunier également très intéressant.

Dégustation
Le Blanc de Noirs* Grand Cru* Extra Brut* que nous avons dégusté est une cuvée issue d’un assemblage de Pinots Noirs des millésimes 2012 et réserve 1968 à 2013, avec un dosage de l’ordre de 5 gr/litre, issu  des terroirs de Verzenay et Verzy.
Puissance et minéralité caractérisent donc ce vin racé dont le faible dosage * rehausse la fraîcheur. 

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Robe vieil or tirant sur le brun, bulles extrêmement fines et évanescentes, finesse assez rare pour du Pinot Noir, manifestant une maîtrise de la prise de mousse.
Le premier nez évoque la datte et la figue sèches, avec une touche de bergamote et de tisane et de mousserons (petits champignons des prés). On est manifestement en présence d’un champagne à maturité optimale.
Son attaque est élégante malgré son opulence, la « matière » envahit le palais et développe une allonge impressionnante sur ces notes de fruits secs repérés au nez. La finale est également ample et suave avec une longueur en bouche étonnante. On est en présence d’un grand cru, cette longueur nous le rappelle.
C’est une grande cuvée, à marier avec un foie gras (ce que nous avons fait…), des crustacés, un fromage de Bourgogne type Epoisses, j’oserais même une cuisine d’Afrique du Nord assez relevée comme un tajine à l’agneau ou un couscous pas trop épicé, tant la structure est complexe et dense.
Cette bouteille était la dernière de l’ancien assemblage (2012- 2013 de mémoire), preuve que le champagne est un vin de garde !

Sa composition actuelle est de 70 % de vendange 2014 et 30 % de vins de réserve * issus des vendanges 1968 à 2013, son  dosage * extra brut*  est toujours de 5 gr/l et sa version brut est dosée à 7,5 gr gr/l.

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Où trouver ce champagne
Ce Champagne, dans ses nouveaux habillage et assemblage, est en vente à Paris au bar à Champagne, l’Afterbulles, situé dans le quartier de la Butte aux Cailles, 35 Rue de l’Espérance – 13ème.

* Tous les termes marqués d’une astérisque, font l’objet d’une définition sur le site http://www.philandbert.fr, où vous découvrirez également d’autres cuvées de la maison Henriet-Bazin, ainsi que sur le site de la maison http://www.champagne-henrietbazin.com

Vins de Moselle 2

Temps de lecture de cet article : 3 ‘

Cet article fait suite à celui du 15 Mai, vins de Moselle.

Nous avons également découvert à cette dégustation les vins suivants :

Un Riesling allemand Alte Reben Riesling –  Trocken du domaine Reichsgraf von Kesselstatt 2018VDP GUTSWEIN.Explication de texte de l’étiquette :
Alte Reben signifie Vieilles Vignes
Trocken signifie sec
Reichsgraf Von Kesselstatt signifie Conte d’empire – titre de noblesse du Saint Empire Romain germanique –  et Von Kesselstatt signifie  de la ville de Kessel (ville s’écrit Stadt mais certaines vieilles ortographes utilisent le double tt (petite nuance de linguiste).
VDP Gutswein est une association allemande qui regroupe les vignerons élaborant des vins de qualité s’imposant à eux-mêmes un cahier des charges assez strict. VDP signifie Verband Deutscher Prädikatsweingüter c’est à dire Association des vignobles de qualité allemands.

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Vignoble
Il provient vin provient du château de Marienley sur la rive gauche de la Ruwer, un bras de la Moselle (au sud de Kassel). Il est issu d ‘une vigne de 35 ans, plantée plein est, un des éléments qui expliquera la fraîcheur du vin.

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Château de Marienley

La pente est ici très forte avec plus de 50 ° à  52 ° ! Mathieu, notre hôte, nous dit  » C’est le vignoble le plus pentu du monde, un vignoble extrêmement acrobatique. Le vignoble est en outre constitué de schistes noires qui emmagasinent bien le soleil, il fait 40 ° à midi dans les vignes ».

Dégustation
Au nez ce Riesling semble assez classique mais annonce un bon terroir, car d’emblée très minéral, légèrement « hydrocarbure » disent certains, mais je dirais plutôt que ce vin a des arômes minéraux assez prononcés de schiste, de graphite, de craie. L’attaque est fraîche sur des notes de citron, puis de pêche et de melon.

Le côté « pétrolé » que lui trouvent certains dégustateurs, viendrait, nous dit Mathieu, de la différence importante de températures entre le jour et la nuit (on retrouverait ce même phénomène en Australie dans la Clare Valley, un de ses terroirs de prédilection, car on est ici en altitude – nuits froides  – et journées chaudes en Australie.. On rencontre moins ce phénomène en Alsace et en Autriche.
Dernier élément à mon avis, ce est fermenté avec des levures indigènes, ce qui contribue à lui conserver son côté terroir.

Il titre 12,5 ° mais semble encore moins alcooleux, tant l’attaque en bouche est fraîche. Il se développe avec ampleur, générosité et gourmandise – il ressemble à un Chenin sec tendre de Montlouis ou Vouvray, sucre résiduel en moins –  avec une touche végétale élégante de chlorophylle en finale, lui donnant encore plus de fraîcheur.
C’est un vin d’apéritif mais aussi « gastronomique » comme le nomme Laurent KOX, qui accompagnera volontiers un foie gras. Ces vins de Moselle ont du caractère !
Affaire à suivre… (prochain article dégustation d’un Pinot blanc et de 2 Pinot Gris)

 

Dégustation de vins de Moselle à la cave Soif d’ailleurs – 1

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La Moselle, affluent du Rhin, coule sur 560 km et traverse 3 pays et d’abord la France où elle prend sa source dans les Vosges, puis le Luxembourg qu’elle borde et sert de frontière avec l’Allemagne dans laquelle elle bifurque et s’enfonce vers le Nord est pour se jeter dans le Rhin à Coblence.
Elle « irrigue » les 3 vignobles correspondants et « septentrionalité » oblige, l’essentiel de la production est composé de vins blancs. Quant à Soif d’ailleurs, je vous en parle plus bas,  c’est un caviste parisien, mais c’est aussi lieu de rencontres et découvertes tout à fait éclectiques.

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Cette dégustation n’est pas vraiment comparative car bien que portant sur le millésime 2018, pour la majorité d’entre eux, ces vins sont issus de différents cépages  : auxerrois, riesling, pinot gris, gewürztraminer, pinot blanc et de Müller-Thurgau, ce dernier en assemblage sur une des cuvées. J’ai été séduit par l’auxerrois Remich Goldberg Grand Premier Cru 2017 du domaine Laurent et Rita KOX, le seul auxerrois de cette dégustation, mais pas le moindre.

On pourrait dire par métaphore musicale, qu’il est une partition dont le terroir est la portée, le vignoble est l’ensemble des notes harmonisées, et l’interprétation du chef d’orchestre est le vigneron.

Le chef d’orchestre et conférencier du jour est Laurent KOX qui préside aux destinées du domaine familial et venu ce jour avec une double casquette de vigneron et de président de la commission de promotion des vins et crémants du Luxembourg.

Une certaine appréhension m’a envahi quand il a décliné ses titres et j’avais peur d’un marketing bien ficelé de pro de la com… Eh bien pas du tout, c’est un vrai vigneron passionné avant tout et qui en a l’humilité et la bonhommie.  Comme c’est de son vin que je vais parler, je le présente un peu plus. Laurent Kox a repris le domaine familial KOX en 1977 et transforme le domaine, pour passer de producteur de raisin à véritable domaine viticole et portant la surface de 7,5 h à 12 ha  et pour hisser au rang des grands, l’ensemble de ses vins. Il occupe également diverses responsabilités dans l’interprofession et est ambassadeur à l’étranger des vins de sa région. Le domaine Kox allie respect de le nature, de la vigne, tradition et modernité technique. Tradition, mais pas seulement locale, il n’hésite pas à se lancer dans ce qu’il appelle lui-même la « rétro-innovation » avec  l’installation de KVEVRIS, vases d’argile en forme d’amphores enterrées venant de Georgie, j’y reviendrai dans un prochain article.

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Le domaine est situé à Remich dans la région du Luxembourg la plus méridionale (à moins de 25 km au sud est de la capitale Luxembourg City), sur la Vallée de la Moselle. Remich est appelée « la perle de la Moselle » et après avoir goûté ce vin je comprends pourquoi. C’est dans ce canton, dont Remich est le chef lieu,  que se trouve le village de Schengen rendu célèbre par les accords européens de 1985. Je me suis étendu, mais il y a tellement à découvrir chez les Kox !

Nous avons dégusté 9 vins dont 8 blancs et 1 rouge

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Je ne parle aujourd’hui que du premier vin dégusté, l’auxerrois du domaine KOX dans le millésime 2017.

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Auxerrois Remich Goldberg Grand Premier Cru 2017
du domaine Laurent et Rita KOX

L’auxerrois est un cépage blanc de l’est français, que l’on retrouve essentiellement en Moselle, mais aussi en Alsace. Il ne doit pas être confondu avec son homonyme du sud ouest, qui, lui, est rouge et connu sous le nom de Côt en Touraine ou Malbec à Bordeaux, et en Argentine bien sûr.

L’auxerrois (blanc) est considéré en Alsace, aux côtés du Chasselas, Pinot Blanc ou Sylvaner, comme un « petit » cépage tout juste bon à faire des vins d’assemblage, le fameux Edelzwicker (Edel = noble – Zwicker = assemblage) et pour information ou rappel, le « Edel » est là pour rappeler que l’on peut utiliser un ou plusieurs des cépages nobles d’Alsace dans cet assemblage à côté des petits cépages. Les 4 cépages nobles d’Alsace étant le Riesling, le Pinot Gris, le Muscat et le Gewürztraminer.
Si vous souhaitez en savoir plus sur les vins alsaciens, inscrivez vous dés maintenant sur le site www.vinissime.fr pour suivre un cours sur le sujet en décembre 2020 ou janvier 2021 (dates des cours prochainement en ligne).

Celui dégusté ici n’a rien d’un petit vin. Sa robe est toute simple, jaune pâle à reflets légèrement gris (mais pas vert), jusqu’ici rien de bien extraordinaire.

Mais au nez, je suis frappé par la richesse, l’ampleur et l’élégance dés le premier nez !
Ce vin semble flatteur, sur des notes fruitées qui donnent une sensation de gourmandise et de volume à l’aération qui fait apparaître des notes boisées ou plutôt légèrement fumées (mais aucun élevage sous bois pour ce vin, c’est seulement le terroir qui lui confère ces arômes). Un dégustateur y trouve une légère touche de menthe, je sens plutôt vaguement la chlorophylle, mais bon on est en janvier et nos nez sont encore à réchauffer.

L’attaque n’est pas très gourmande (Laurent Kox nous explique que 2017 a été un millésime de fraîcheur), mais réapparait rapidement au palais et la note fruitée du premier nez avec un volume grandissant, une sensation de rondeur et de l’ampleur en milieu et fin de bouche dont la longueur est impressionnante. On n’est que sur un Auxerrois septentrional ! Mais le vignoble de Remich se situe dans le sud de la Vallée. Le réchauffement y est aussi sans doute pour quelque chose nous dit Laurent KOX et Mathieu rebondit avec une anecdote concernant le Palatinat appelé « Petite Toscane allemande » , voisine de Remich, où on cultive figuiers et oliviers, où en 2011 il a eu un chardonnay qui « avouait » dixit Mathieu,  un 15 ° !
C’est un vin frais d’apéritif qui conviendra également parfaitement à des fruits de mer, voire des « petits poissons portugais » dont on ne saura jamais le nom que Mr Kox a oublié (non ce n’est pas le Bacalhau ou le Robalo !), également à mon avis, à des salades printanières ou d’été, et même de la charcuterie fine (saucisses nous dit Laurent KOX et fromage de chèvre ou brebis frais). Vous trouverez ce vin chez Soif d’Ailleurs, 38, rue Pastourelle Paris 3ème.

Il n’y a pas, chez ce caviste, une seule bouteille de vin français en stock ! C’est vraiment Soif d’Ailleurs. Créée par l’alsacien Mathieu Wehrung, celui-ci a choisi, après une belle carrière dans la finance de se reconvertir et commencer à vivre de sa passion, car il est passionné de vins et de voyages Mathieu, il semble curieux, méticuleux, précis et rigoureux. Il a patiemment constitué une gamme de vins du monde entier (tous les continents y sont représentés se côtoient des flacons du Japon, de Bolivie, de Turquie et de Grèce, de Belgique et de Géorgie, de Bosnie Herzégovine ou d’Israël).

Plus de 430 flacons issus de 47 pays, et des vins à partir de 10 €.
Il organise régulièrement des ateliers de dégustation avec des vignerons.
Je vous recommande ces dégustations passionnantes, leur coût assez modeste pour la qualité (20 €) et l’accueil excellent.

Pour plus d’informations et pour acquérir des compétences de dégustateur et d’amateur éclectique, n’hésitez pas à vous inscrire sur http://www.vinissime.fr>calendrier pour suivre des cours d’initiation à la dégustation le samedi de 11h à  14 h ou Connaissance des vignobles le jeudi soir de 19h30 à 22h00.

Nouveauté dés cet automne, les cours en interactif virtuel (direct). Pour obtenir plus d’informations et vous inscrire revenez sur le site http://www.vinissime.fr dés cet été.

Menace sur le vin : Les défis du changement climatique

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C’est le titre du petit livre remarquable des deux journalistes Valéry Laramée de Tannenberg et Yves Leers respectivement rédacteur en chef du Journal de l’environnement et spécialiste du développement durable et du changement climatique et entre autres consultant pour l’Atelier du climat (Ed. BUCHET CHASTEL collection Dans le vif).
J’avais 20 ans au moment de la publication du fameux THE MANKIND AT THE TURNPOINT (second rapport du Club de Rome : c’était l’ancêtre de la COP 21 et suivantes…). C’était l’angoisse, on était en plein choc pétrolier, je partais faire mon service militaire et, j’allais le découvrir, me préparer peut-être à partir en Israël pour faire la guerre.
Heureusement une issue a été trouvée avant ! enfin une issue… c’est un autre sujet.

Q’avons nous REELEMENT fait  depuis 46 ans pour protéger notre planète et éviter ce changement climatique ? (Le rapport a été publié en 1974 il y a presque un demi-siècle !). Comme l’écrivent nos auteurs dans leur introduction en forme de questionnement : Allons nous mettre fin à une très ancienne série  » La conquête de la Vigne » ?  La réponse en refermant ce livre est  : C’est fort possible mais …

Après avoir présenté la Vitis vinifera (la variété de vigne qui fait le raisin pressé dans nos flacons), l’histoire de sa domestication en occident et du climat qui l’ont accompagnée, un chapitre est consacré à l’influence du climat sur les changements du cycle de la vigne et sur le caractère de nos vins. Les auteurs passent ensuite en revue les principaux vignobles du monde et dressent un bilan pour le moins inquiétant. Ils préconisent des solutions parmi lesquelles, la biodynamie pour conclure sur l’absolue nécessité de changement immédiat de paradigme et d’une adaptation draconienne.

Je vous conseille la lecture de ce petit ouvrage accompagné de quelques cartes et graphiques pédagogiques. Vous comprendrez mieux, par le biais de notre liane ancestrale chérie, ce qui se joue aujourd’hui ! 
A lire et  pour le coup, sans modération…

Vins d’Ayse du domaine Dominique Belluard

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En ce temps de confinement, où nous rêvons de grand air pur et d’espace, voici une appellation de Haute Savoie, l’AOP AYSE. Je pensais Confinement> Confins>Haute Savoie… Les Confins c’est près de la Clusaz, voici une petite photo empruntée sur un site de tourisme je crois, ça fait rêver non ?

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L’AOP AYSE s’étend dans la vallée de l’Arve, sur les communes de Ayse, Bonneville et Marignier à une trentaine de kilomètres au sud Est de Genève.

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Le vignoble daterait du temps des Burgondes (cf. Astérix chez les…), les traces officielles sont du 13 ème siècle, le vignoble s’étendait sur 9 communes, avec à son apogée (en 1870), 630 ha de vignes plantées.
Aujourd’hui il n’en reste qu’une vingtaine !  L’AOC Savoie AYSE a été créée en 1973, n’existe qu’en blanc et en effervescent blanc .Elle ne pèse que 0,6% de la production et représente seulement 0,8 % des surfaces plantées de la région, mais 13 % de ses vins blancs mousseux !

Exposés plein sud, les coteaux ensoleillés profitent des premières pentes du Massif du Chablais (d’où vient le fromage d’Abondance).

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Ces premières pentes sont constituées de molasse (ensemble de roches sédimentaires, essentiellement détritiques s’accumulant dans des bassins d’avant-pays en périphérie des chaînes de montagne). Situés à une altitude de 450 mètres, ces coteaux bénéficient d’un climat continental-montagnard.

La surface de l’AOP est de 2 ha en vin blanc tranquille et 15 ha en vin blanc mousseux. La production représente seulement 102 hl de vin tranquille et 641 hl de vin mousseux. Les rendements sont de 51 hl/ha en vin tranquille et 42,7 hl/ha en mousseux.

Trois types de sols se retrouvent sur l’appellation AYSE :

1 – Des éboulis calcaires venant du massif du Chablais sous forme de petits cailloux.

2 – Des sédiments de glaciers très anciens : sous forme de strates de molasse argilo-calcaire.

Molasses

3 – Des sédiments de cascades glacières sous forme d’argile rouge chargée en alumine de fer sur le terroir du « Feu »

Le Feu avant verdure

Le seul cépage autorisé dans l’AOC(AOP maintenant) est le Gringet, qui ne pousse que dans cette région de Haute Savoie et nulle part ailleurs en France et dans le monde.

J’ai choisi d’en parler avec les vins de Dominique BELLUARD, qui exploite à lui tout seul 10 ha de ce vignoble.

Je l’appelle « le gentleman du vignoble », avec sa gueule à la Clint Eastwwood et ses fringues (surtout les chaussures)  « de milord » , quand il « descend » à la ville.

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Il a un talent fou Dominique !  Les amateurs le connaissent bien d’ailleurs.
Son domaine est en biodynamie depuis pas mal de temps (2001) et il est un des fervents défenseurs des cépages autochtones et heureusement pour nous !

Les terres de sa famille étaient autrefois couvertes d’arbres fruitiers. Les parents de Dominique ont exploité leurs vergers jusque dans les années 80. Après des études d’œnologique à Beaune, Dominique prend la relève en 1988 et s’occupe de toute la partie production et vinification. Le domaine, créé en 1947, s’étend aujourd’hui sur 10 hectares situés sur la seule commune d’Ayse. C’est le cépage endémique Gringet qui donne toute sa spécificité à l’AOP Ayse.

Dominique nous dit « Le Gringet il est cultivé uniquement sur l’appellation AYSE et nulle part ailleurs. On pense que ce cépage endémique de la Savoie était déjà présent avant l’arrivée des Romains. Les dernières analyses ADN démontrent qu’il n’appartient pas à la famille des savagnins (Traminers) comme beaucoup le pensent. Actuellement il ne reste que 22 hectares de Gringet en production dont 10 travaillés sur le domaine. Le reste est réparti sur une dizaine de petits producteurs ». 

La principale préoccupation de Dominique BELLUARD est de préserver la typicité du GRINGET en cultivant la vigne dans le plus grand respect des terroirs et des traditions d’élaboration. Il a pour ce faire, reconverti le domaine en 2001 à la culture bio-dynamique, utilise des levures  (pour la FA : fermentation alcoolique) et bactéries indigènes (pour la FML: fermentation malo-lactique), des contenants en béton et ovoïdes pour favoriser le vieillissement harmonieux de ses vins. Voici un texte emprunté à son site internet :

« C’est la seule réponse aux lois du vivant. Après plusieurs années de culture chimique, même « raisonnée », on se rend compte que quelque-chose ne fonctionne pas. Vous créez des déséquilibres, car tout notre environnement ne fonctionne que sur les lois du « Vivant ». La terre où plonge les racines des plantes, n’est pas qu’un support au végétal, mais un lieu de vie et d’échange entre les mondes : végétal (racines, champignons, levures…), animal (insectes, vers de terre, bactéries…) et minéral (roches, limons, argiles…).
Ce sont ces micro-organismes qui structurent notre « terre-mère » et la rendent fertile. Ils rendent disponible les différents éléments de croissance nécessaires à la plante. Toute cette vie ne peut fonctionner sans la présence de l’eau et de l’air. Tous les pesticides de synthèse (origine non organique) : désherbants, fongicides, insecticides, acaricides ont une action extrêmement néfaste sur ces derniers. Une baisse de l’activité microbienne touche directement la structure du sol : tassements, érosion, lessivage des microéléments…, ce qui entraîne une perte de notre « Terroir ». Car c’est l’énergie que dégage la masse microbienne qui « soude » entre eux, les différents éléments de la « terre-mère ». Mais cela ne suffit pas à la croissance de la plante, car ses prélèvements dans le sol ne représentent que 3% de ses besoins, les 97% restants sont pris dans l’Atmosphère.
C’est pourquoi les préparations bio-dynamique (Préparats) à base de bouse de vache (500), vont vitaliser et augmenter l’activité biologique (croissance et rendement) et que la silice réduite en poudre (501), va structurer la plante, développer les arômes et la rendre résistante aux maladies.
Ce sont ces Préparats qui vont mettre votre plante en relation avec la Terre et le Cosmos et rééquilibrer les Rythmes (jour/nuit, lune montante/lune descendante et les saisons : printemps, été, automne, hiver) ».

Et Dominique de citer ensuite le père de la bio-dynamie Rudolf Steiner : « Les Forces captées par les plantes ne sont pas perdues pour celui qui les mange. ».

CQFD !

Et pour finir, l’encépagement du domaine est : 95% Gringet, 3% Altesse, 2% Mondeuse et les AOPs du domaine sont : Vin de Savoie Ayse (Méthode Traditionnelle et Cuvée Mont-Blanc), Vin de Savoie blanc (Cuvées Les Alpes, Grandes Jorasses et Le Feu), Vin de Savoie rouge (Mondeuse).

C’est évidemment la Cuvée Le Feu qui a ma préférence, car la plus typique, provenant de cette parcelle éponyme qui se trouve à 450 mètres d’altitude, en pente très raide (supérieure à 40 %) et orientée Sud-Est. Elle est plantée uniquement de Gringet sur des terroirs de sédiments de cascades glacières composés d’argile rouge chargé en alumine de fer, et avec des rendements faibles de l’ordre de 35 hl/ ha. Tout cela donne une typicité très particulière au vin.  Les deux fermentations (alcoolique et malo-lactique) sont réalisées respectivement avec des levures et des bactéries indigènes pour respecter au maximum l’expression du terroir dans le vin. L’élevage est réalisé en cuves ovoïdes de béton dont le vortex (circulation en forme de tourbillon naturellement suscité par la forme de la cuve), permet un vieillissement particulier du vin en contact avec ses lies.
Une filtration grossière est réalisée sur terre blanche et l’ajout de SO2 est très faible moins de de 30 de mgr/l au total. Je rappelle que la législation européenne autorise pour les  les blancs à teneur inférieure à 5 gr de sucre, jusqu’à 200 mg/l de SO2 pour les blancs classiques et 150 mg/l pour les blancs issus vinifiés en bio. On est ici loin du compte !
C’est un vin au nez d’agrumes et de fruits exotiques que l’on va retrouver en bouche avec une note de pêche à l’aération et une touche fraîche entre menthol et chlorophylle qui va assurer une belle fraîcheur à cette dégustation gourmande. Je l’ai essayé sur une recette

Langoustines rôties sur salade d’agrumes & coulis de mangue

que je vous conseille, disponible sur le site https://cotesoleils.fr de mon amie et collègue Sophie GOZLAN, le résultat est tout simplement sublimissime !

Il n’y a plus de Feu disponible au domaine pour le moment,  mais je vous invite à vous consoler avec les deux autres cuvées de blanc à base de Gringet également : Les Alpes (vin floral et fruité, souple et minéral) ou les Grandes Jorasses (plus minéral). Et il y a également deux cuvées d’effervescents très intéressants.
Vous trouverez certainement ces bouteilles chez les bons cavistes qui privilégient les vins « naturels » au sens général (Bio, Biodynamiques, pas trafiqués quoi…). Vous les trouverez peut-être également chez un très bon caviste en ligne https://walter-wine.com/content/4-caviste-en-ligne.
Bonne découverte et à bientôt pour de nouvelles découvertes.
Je vous rappelle que mon métier de base est de donner des cours de dégustation (depuis 2005). Vous trouverez toutes informations et dates et programmes des cours « standard » en tout cas sur http://www.vinissime.fr. (je n’ai pas encore supprimé les dates prévues avant confinement, elles vont disparaître évidemment).
Tout est suspendu jusqu’à nouvel ordre, ce qui me laisse le temps de vous écrire ces billets ! en fin posts pardon… mais billet ça fait style non ?
Et pensez aux apéro-skype et autres whatsap ou Zoom,  je n’y croyais pas, mais c’est vraiment sympa, le seul truc c’est qu’on boit pas la même chose mais bon on va y remédier… Une idée que je creuse en ce moment d’ailleurs, j’y reviendrai bientôt !

 

Primitivo di Manduria DOP

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Vignoble de Manduria

Après 5 ans de sommeil,  comme la belle au Bois Dormant
(Peut-être dans cette petite cahute…) …

Mandu'S étiquette

… ce blog de Vinissime reprend vie !  sans doute embrassé par ce mystérieux oiseau bigarré, aux couleurs de la nuit, du soleil et du raisin, bien repus de tant de voyages et d’expériences enchanteresses.

Et puisqu’il est question d’enchantement, voici comme entrée en matière, cette belle découverte  – Primitivo di Manduria – qui nous vient du sud de l’Europe aux confins de l’Italie, le Mandu’s de la Cantine Baldassarre (presque un nom de mage …) dont notre ami l’oiseau décore l’étiquette.

Que veut dire Primitivo di Manduria D.O.P. ?

  • Primitivo :  c’est primitif bien sûr, au sens précoce, car il est le premier des raisins à atteindre sa maturité et à être récolté.
  • di Manduria : pour de Manduria, petite ville des Pouilles, région située à l’extrême sud Est de la Botte dans le Salento ou le talon de la botte. La région borde mer Ionienne et le vignoble, assez plat, est balayé par les vents de la mer Ionienne au Sud et de l’Adriatique au Nord. Ici aussi loin que l’on scrute l’horizon, oliviers et vignes couvrent le sol.
  • D.O.P. pour Denominazione di Origine Protetta, c’est l’équivalent italien de notre AOP, «Appellation d’origine protégée» qui garantit que les raisins sont cultivés, que le vin est élaboré et embouteillé localement.

Mandu's Contreétiquette

La Cantine BALDASSARRE date du début des années 80. Le père de Giuseppe le vigneron actuel réalisait déjà du travail à façon pour d’autres vignerons, tant la qualité de ses pressurages et de ses vinifications était reconnues dans la région. Giuseppe et son frère reprennent l’exploitation de leur père en 2002 et décident d’investir dans des outils modernes sans rompre avec la tradition.
Ce Primitivo, issu de vignes âgées de 25 à 30 ans, pousse sur des terres d’argile, seulement 12 000 bouteilles de ce vin sont produites.

Les vinifications sont traditionnelles, en cuves inox, avec contrôle des températures pendant les fermentations, remontage des jus sur le chapeau pour extraire le maximum de matière. Aucun élevage bois n’est donné à ce vin pour lui conserver toute sa fraîcheur.

D’un rouge rubis profond, ce vin exhale, au premier nez, des arômes de cerises et de prunes à l’eau de vie, puis un bouquet complexe d’épices et d’herbes aromatiques (qui ne sont pas sans rappeler nos arômes dits de « garrigue » sur les vins de Provence : romarin, thym, sauge…). Il développe en bouche une texture soyeuse et puissante, il est gourmand mais sans lourdeur, les fruits rouges et noirs reviennent en boucle avec des touches d’épices et de chlorophylle qui le rendent rafraîchissant malgré ses  14 % d’alcool.

Et comme on nous avait souvent fait la critique  de ne pas dire comment se procurer les flacons présentés, voici : Vous trouverez cette bouteille à Paris 13ème chez IL VILLAGIO, 209, Rue de Tolbiac, importateur de produit fins italiens, avec une jolie palette de vins que Claudia, sa créatrice, saura vous conseiller.

Champagne Serveaux & Fils

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Escapade en Champagne du 22 Septembre 2015

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Hugo Serveaux et son frère ont repris la main sur l’exploitation familiale et élaborent aujourd’hui une gamme complète de vins de grande expression dans la Vallée de la Marne. Issus essentiellement du Pinot Meunier, leur gamme se décline en 6 cuvées pour constituer une gamme très cohérente autour du repas.

Nous avons découvert les cuvées:

1- Raisins Noirs: train de bulles persistant, bulles fines sur un fond de robe jaune or. Les vins sont issus d’une base d’assemblage 2009-2010. Le nez est puissant, généreux sur une palette de pâtisserie pain d’épices, miel, ananas et coing. A l’agitation, apparaissent des touches de minéralité. L’attaque est vive, le vin taquine le palet et très vite elle devient douve et crémeuse. Une sensation de générosité apparaît et la fin de bouche est minérale (calcaire). Ce vin est dosé à 5 grammes, correspond parfaitement aux apéritifs d’automne, aux entrées de poissons grillés, aux viandes blanches et fromages à pâtes pressées.

serveaux raisins noirs

2- La cuvée Méandres issue d’un assemblage 80% Chardonnay et 20% de Pinot Meunier est d’un jaune pâle qui tranche avec le précèdent. C’est encore une base 2009-2010. Le nez est plus végétal et sur des touches d’agrumes. L’attaque est crémeuse, florale et minérale. On retrouve les touches d’agrumes. Cette cuvée appelle un plateau de fruits de mer.

3- La cuvée Les Blancs de la Vallée mûrissent à proximité de la rivière: bulles très fines, cordon rémanent, robe très pâle. Nez de pain brioché et d’agrumes. L’attaque est très tendue (base 2010-2011), le développement se fait sur des fleurs blanches et une minéralité prononcée. La finale est plus ronde et laisse une impression de plénitude.

4- La cuvée Meunier d’Antan: comme le vin précédent, on est sur une base 2010-2011. La bulle est ici plus grosse, le train de bulles très dense avec une beau cordon et une couronne de mousse assez dense. La robe est jaune paille, le nez est généreux et crémeux, la bouche d’abord amère devient gourmande (le dégorgement est effectué sur cette bouteille 18 mois avant sa commercialisation). Ce vin est dosé à 7 grammes pour faire ressortir le fruit et le côté vineux de cette cuvée.

serveaux Meunier d'Antan

5- Grand Vintage 2005: ce vin est issu de 50% de Pinot Meunier, 50% de Chardonnay, issus de vignes de 40 ans sur des sols argilo-marneux. La fermentation alcoolique est réalisée en cuve pour le Meunier et en fût pour le Chardonnay. Pas de fermentation malolactique sur cette cuvée. Dosage à 6 grammes, vieillissement 84 mois (6 ans). On est en présence ici d’une très grande bouteille “cousue main”. La bulle est très ronde, le cordon est très rémanent, la robe est d’un jaune or rappelant certains Sauternes. Le nez très riche démarre sur du pain d’épices, rappelle, bien qu’il n’y en ait pas une seule grappe, de vieux Pinot noirs de Bourgogne. A l’aération la figue sèche, la cannelle, le clou de girofle, le safran se succèdent en crescendo. La bouche est très gourmande sur la figue essentiellement et se termine par une minéralité doublée de saveurs de confiture de rhubarbe. Cette bouteille mérite les plus grands mets de fête (foie gras, filet de biche jusqu’au cuissot de chevreuil. En fin de dégustation me vient l’association d’un brie au mascarpone et allumettes de truffes).

serveaux vintage

6- Rosé de Saignée: fermentation alcoolique en cuve, pas de fermentation malolactique, dosage à 6 grammes, 50% de Pinot Meunier, 50% de Pinot Noir. Millésime 2010 non-déclaré. Sol argilo-calcaire. Bulles extrêmement fines pour un Blanc de Noirs, rose très soutenue, on est résolument sur un vin de repas. Nez de vin rouge réduit (cette bouteille nécessitera sans doute un carafage). Après aération, un univers de fruits rouges mentholés et de chlorophylle se révèle. L’attaque est très fine sur des touches de réglisse et de fruits noirs bien mûrs.

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Tous les dosages de la maison Serveaux sont effectués à partir de meuniers de réserve élevés en fût.

In Vino Veritas, le Vin, la Couleur et la Lumière,

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foulage-du-raisin

A l’occasion d’une exposition d’enluminures chez Art&Vin, siège de la société Vinissime, Pierre Yves Jolit, l’artiste, a créé toute une série d’oeuvre sur la thématique du vin. Pierre-Yves Jolit est un calligraphe et enlumineur depuis plus de 15 ans. Ayant déjà fait une exposition autour du vin dans le passé, il a choisi de reprendre la même thématique pour faire un lien entre la Galerie Art&Vin, Vinissime et ses œuvres. 

Ainsi, In Vino Veritas, le Vin, la Couleur et la Lumière, est une exposition d’enluminures de textes mais également de peinture qui célèbre l’amitié presque immortelle de l’art et du Vin. En cette période de vendanges, l’artiste enlumineur a souhaité nous montrer ses somptueuses enluminures, réalisées dans la technique médiévale traditionnelle (feuille d’or, pigments et liant à l’œuf) afin de nous dévoiler le visage du vin à l’époque du Moyen Âge !

les Buveurs

Ses œuvres mettent en lumière l’histoire, la culture, et la poésie pour ce nectar fabuleux, avec des calligraphies et des enluminures magnifiques. Tantôt dans une œuvre sur bois, reprise d’une fresque italienne du XVe siècle, tantôt dans un texte à l’écriture mérovingienne, l’artiste Pierre-Yves Jolit nous fait voyager dans le temps et dans l’histoire du Vin et retranscrit la passion de l’humain pour ce breuvage lourd de légendes.

« Un jour sans vin est un jour sans Soleil » écrit et enlumine notre artiste unique, qui a délicieusement représenté dans la lettrine, un moine buvant avec discrétion et non sans plaisir, le vin d’une réserve de son monastère.  Poétique, dramatique, plein d’esprit, In Vino Veritas célèbre le vin dans les pigments et la feuille d’or et est un événement à ne pas rater.

Pour voir le reportage sur le travail de Pierre-Yves Jolit, cliquez ici.

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L’exposition est ouverte au public du 15 septembre au 4 octobre 2015, de 14h30 à 19h30, à la Galerie Art&Vin, 35 rue de l’Esperance, 75013 Paris.